Kiev: Le cardinal Lubachivsky empêché (270591)
Les catholiques uniates toujours privés de lieux de culte à Kiev
Kiev, 27mai(APIC) Quelque 200 fidèles orthodoxes russes en colère ont
bloqué dimanche les escaliers menant à l’église St-André à Kiev, empêchant
le cardinal Myroslav Ivan Lubachivsky de pénétrer dans le bâtiment pour y
célébrer la messe. L’intervention de la police et de la milice locale n’a
pu mettre un terme à la manifestation. Les fidèles orthodoxes, scandant des
slogans hostiles au chef des catholique Ukrainiens, criaient : "Kiev est
une ville orthodoxe! Nous sommes l’Eglise des Saints et nous ne voulons
rien avoir affaire avec votre pape et votre cardinal!". Le cardinal Lubachivsky, dont la messe en l’église St-André était le point culminant de sa
visite à Kiev, a dû finalement rebrousser chemin sous les huées de la foule.
Le cardinal Lubachivsky, archevêque majeur de Lviv (Lvov), en Ukraine
occidentale, est rentré dans son pays à l’occasion des fêtes de Pâques. Il
vivait en exil à Rome et sa visite dans la capitale ukrainienne était la
première depuis 1945. En 1946, l’Eglise catholique ukrainienne de rite byzantin (uniate) était en effet interdite sur ordre de Staline et intégrée
de force au patriarcat orthodoxe de Moscou.
Arrivé à Kiev vendredi, le chef des catholiques ukrainiens avait été reçu par le premier ministre Vitold Fokin et le président du soviet suprême
(parlement) ukrainien Leonid Kravtchouk. Les entretiens, selon le bureau de
presse des gréco-catholiques, ont été "extraordinairement fructueux". L.
Kravtchouk a ainsi promis au cardinal Lubachivsky de lui donner un statut
diplomatique afin de lui permettre de faire la navette entre Rome et
l’Ukraine. La petite communauté gréco-catholique de Kiev n’a pu cependant
encore obtenir de lieu de culte.
Le conseil communal de Kiev avait cependant donné la permission d’utiliser l’église St-André pour un dimanche. Ce lieu de culte est réclamé par
les orthodoxes "autocéphales", en lutte fratricide contre l’Eglise orthodoxe ukrainienne, dépendant du patriarcat de Moscou. La célébration du cardinal Lubachivsky aurait dû se dérouler dans la cathédrale Ste-Sophie,
véritable centre spirituel de la Russie ancienne, mais les autorités l’Etat en est l’actuel propriétaire -, n’ont pas voulu la mettre à disposition, craignant certainement de nouveaux incidents. Le 28 octobre dernier,
la venue à Ste-Sophie du patriarche Alexis II de Moscou avait dégénéré en
affrontements violents entre orthodoxes fidèles au patriarcat de Moscou, et
orthodoxes "autocéphales", appuyés même par des uniates. (apic/kpr/be)
Encadré
Actuellement, la petite communauté gréco-catholique de la capitale ukrainienne - quelque 3’000 fidèles dans une ville de 3 millions d’habitants ne possède pas de lieux de culte et les uniates doivent célébrer leur liturgie dans un appartement privé. Le jeune prêtre qui s’occupe de la communauté uniate aujourd’hui sortie des catacombes, le Père Valeriy Shkarupsky,
est un radio-électricien de métier devenu moine studite. Il a demandé le 22
décembre 1989 déjà la reconnaissance légale de sa paroisse, qui n’est toujours pas enregistrée.
Les gréco-catholiques de Kiev ont célébré tout l’hiver leur culte en
plein air, dans le froid, en face de l’église de la Protection de la Mère
de Dieu, réclamée également par les "autocéphales". Les autorités de Kiev
ont déclaré que si des manifestations continuaient d’avoir lieu devant cette église, elle ne serait donnée à personne. (apic/be)