Nairobi, 26août(APIC) Le Conseil national des Eglises et plusieurs grandes Eglises du Kenya exhortent le président du gouvernement Daniel Arap Moi
à prononcer la dissolution du parlement et à réorganiser les structures politiques du Kenya.
Ces recommandations ont été adressées au Comité de révision mis en place
par le KANU (Kenya African National Union), seul parti politique légal au
Kenya, pour sonder l’opinion des Kényens sur la situation politique du
pays. Le Kenya vient en effet d’être secoué par des manifestations et des
déclarations contre le système à parti unique. Un des présidents d’Eglises
les plus critiques du régime, l’évêque anglican d’Eldoret Alexander Muge,
est mort tout récemment dans un accident de la circulation, après avoir reçu des menaces de mort.
Le mémorandum du Conseil national des Eglises du Kenya demande au gouvernement de faire participer des citoyens kényens au processus d’examen
politique du pays et de préparer la mise en place du multipartisme. Il y
est également recommandé de limiter la présidence à deux mandats, de cesser
les mises en détention sans jugement, de retourner au vote secret, au lieu
du système de vote par alignement derrière les candidats choisis.
L’Eglise anglicane de la province du Kenya a réclamé la mise sur pied
d’une Conférence nationale pour discuter des problèmes nationaux, et de la
tenue d’élections parlementaires. Le diocèse anglican de Nairobi a en outre
demandé la libération immédiate de tous les prisonniers politiques. Le consistoire réformé de Nyeri a accusé le KANU d’usurper la suprématie de la
Constitution nationale et de se perpétuer au pouvoir. Le diocèse catholique
romain de Machakos a pour sa part exhorté le Comité de révision à conseiller au président Arap Moi de dissoudre le parlement. (apic/spi/pr)