Kenya: les Eglises catholique et protestante ensemble pour lutter (280489)
Naïrobi, 28avril(APIC) Les Eglises chrétiennes du Kenya sont préoccupées
par la hausse continue du coût des produits pharmaceutiques dans les hôpitaux et pharmacies du pays. Elles le font savoir à l’occasion du lancement,
par ces Eglises, d’un programme commun d’approvisionnement de leurs institutions de santé en médicaments de stricte nécessité et à des prix raisonnables. Ce programme, appelé MEDs, se propose de fournir aux hôpitaux du
réseau confessionnel les produits classés "Médicaments essentiels" par
l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les prix prohibitifs des médicaments et les frais élevés d’hospitalisation ont contraint nombre de patients à se tourner vers les herboristes
dont les honoraires sont abordables. Cette désertion a affecté les hôpitaux
gouvernementaux et privés du Kenya, mais surtout interpellé les responsables des hôpitaux confessionnels de plus en plus incapables d’assurer les
soins de santé à la frange la plus démunie de la population.
Pour faire face à cette situation et répondre ainsi à leur objectif premier "Santé pour tous", le Département médical du Secrétariat général de la
Conférence épiscopale du Kenya (catholique) et l’Association chrétienne de
santé du Kenya (protestante) tentent avec ce programme d’approvisionner à
moindre coût les 44 hôpitaux confessionnels et les 294 centres de santé et
dispensaires du pays en médicaments de première nécessité et autres produits pharmaceutiques de base. Les hôpitaux des réseaux confessionnels
catholique et protestant au Kenya accueillent quelque 6 millions de patients par an pour une population évaluée à plus de 22 millions d’habitants.
Trop de médicaments inutiles sur le marché
Ces médicaments essentiels sont vitaux pour la santé des habitants des
pays du tiers monde. L’OMS en a répértorié 400 sur une liste de près de
6.000 produits commercialisés dans le monde. Le Kenya suit en cela l’exemple du Bangladesh, l’un des pays du tiers monde qui applique un programme
d’achat de médicaments essentiels. Mais L’Afrique, en général, subit
l’emprise de représentants d’entreprises pharmaceutiques peu scrupuleux qui
inondent le marché de substances d’aucune utilité directe.
Se confiant récemment à la presse, une religieuse, Soeur Joan Devane,
responsable du programme MEDs et pharmacienne de profession, a déclaré que
la décision de se limiter aux médicaments essentiels a contribuer à faire
réduire les dépenses pharmaceutiques des hôpitaux confessionnels d’environ
20 à 30%. Ces hôpitaux peuvent ainsi continuer à faire bénéficier les indigents d’une couverture médicale. Des études ont été menées, a-t-elle
révélé, pour évaluer les besoins globaux des hôpitaux afin d’éviter les anciennes pratiques d’approvisionnement en ordre dispersé. Depuis que le programme MEDs supervise les achats en médicaments, ceux-ci sont acquis en
quantité suffisante et à moindre coût. La moitié des besoins de MEDs est
couverte par les produits locaux. (apic/dia/pr)