Kenya: la chrétienté a cent ans (130890)
Mombasa, 13août(APIC) L’approfondissement de la foi d’une part, l’injustice croissante, la montée de la corruption, de l’exploitation, de la
violence et de l’oppression d’autre part, tels furent les thèmes abordés
lors des festivités de clôture du centième anniversaire de l’évangélisation
du Kenya. Durant une semaine, du 5 au 12 août, évêques et fidèles de toutes
les régions du pays ont vécu cet événement à Mombasa.
La première indigène a été baptisée dans la ville portuaire de Mombasa,
sur l’Océan Indien, il y a cent ans. Les quelque cinq millions de catholiques du pays - environ 60% de la population est chrétienne - se sont préparés avec soin à cet événement durant un an. Ils ont surtout réfléchi au renouveau de la famille chrétienne.
L’eucharistie solennelle célébrée dans le stade de Mombasa, à laquelle
participait le président du pays, Daniel arap Moi, a constitué le point
culminant des célébrations. Le Saint-Siège était représenté par le cardinal
nigérien Francis Arinze, président de la Commission pontificale pour le
dialogue interreligieux. Le cardinal Arinze a affirmé à cette occasion la
détermination des chrétiens à s’engager partout et dès à présent pour les
droits de l’homme et la liberté d’association et d’expression.
lettre de salutation de la Conférence des évêques suisses
A la fin de la célébration, le président du Kenya a évoqué indirectement
la situation politique de son pays, déclarant que les chrétiens apportent
leur contribution aux troubles qui secouent le pays en reprochant au gouvernement de pratiquer la corruption. Le manque d’objectivité et de patriotisme de certains représentants de l’Eglise fait douter de leur sincérité.
Le président a ajouté: "Je prie Dieu pour qu’à l’avenir rien de grave ne se
passe dans ce pays".
En ce moment, cependant, les évêques de l’Eglise anglicane s’engagent
beaucoup politiquement et semblement s’acheminer vers un conflit ouvert
avec le gouvernement. Les Conférences épiscopales d’Ouganda, de Zambie et
des Seychelles étaient également présentes au stade de Mombasa. La Conférence des évêques suisses a envoyé une lettre de salutation.
Au cours d’une conférence de presse, le cardinal Arinze a en outre déclaré que l’Eglise ne cessera pas de se battre pour la justice et la démocratie. Elle ne peut pas se taire "lorsque dans plusieurs pays d’Afrique
les hommes se tuent mutuellement dans des guerres civiles". En même temps,
il a formulé une mise en garde: il ne faut pas confondre l’Eglise avec une
opposition politique lorsqu’elle condamne des abus. Elle élèvera aussi la
voix contre ce qui est tenu pour incontestable et on attribue à ses paroles
une valeur éternelle. (apic/bm/eg/cor)