Fribourg, 25mai(APIC/Mak’Onyango) Sammy K. Karun’go possède un petit magasin au coeur de Nairobi. Il vend du lait, du pain, du sucre, de la farine, des allumettes, du savon. Son magasin est une baraque improvisée de
bois et de tôle. Il se trouve depuis 7 ans au même endroit, essayant par
tous les moyens d’agrandir son commerce, mais en vain. Fin 1985, il prend
langue avec 2 amis. Ils décident de former avec d’autres marchands la Société des petits commerçants du Kenya (KSTS). Et son affaire démarre alors
de façon surprenante. Mais son cas reste une exception.
Les entreprises à petite échelle, c’est le secteur de l’économie le plus
négligé. Mais c’est le principal distributeur de biens de consommation et
de services pour la majorité de la population. C’est aussi le secteur le
plus prometteur en termes de postes de travail.
Les fondateurs de la KSTS ne pensaient pas à la question de l’emploi.
C’est devenu aujourd’hui un domaine important de leurs préoccupations. La
Société pourrait permettre d’injecter de l’argent dans l’économie du pays
et de favoriser son développement. La KSTS cherche maintenant à obtenir des
fonds pour aider ses membres à diversifier leurs secteurs de vente. Elle
s’est adressée au Ministère du commerce et à l’Organisation internationale
du travail (OIT). Les banques et les autres institutions financières n’accordent pas de prêts, car il n’y a pas suffisamment de garanties.
La KSTS s’est organisée en coopérative. Chacun des 5’000 membres que
compte aujourd’hui la Société verse 150 shillings kényans par mois à l’organisation. Après une année, un prêt de 4 fois la somme épargnée peut être
accordé au commerçant. Il faudrait maintenant qu’on puisse prêter plus
d’argent encore. Les commerçants pourraient ainsi s’adresser directement
aux producteurs, sans passer par de nombreux intermédiaires.
D’autres problèmes se posent au petit commerçant : manque de direction
et d’encouragement, manque de connaissances. Le petit commerçant est menacé
de toutes parts. Il doit payer chaque année une certaine somme d’argent
pour avoir le droit de faire du commerce, les kiosques peuvent être démolis
à tout instant par les autorités. Les autorités et les grandes entreprises
de commerce dédaignent les petits marchands.
Il y a aussi un manque de connaissances. L’OIT a déjà lancé un programme
intitulé "Améliorez votre commerce". 2’800 petits entrepreneurs commerciaux
en ont bénéficié. Le but est d’instruire les commerçants dans les domaines
de l’achat et de la vente, de l’étude de marché, de la politique des prix,
de la comptabilité et de la planification du futur. (apic/mo/ym)