Jura: rencontre entre les jeunes Jurassiens et leur évêque (140590)
Delémont, 14mai(APIC) "Nous désirons réfléchir personnellement par rapport à ce qui nous est proposé". Nous, ce sont plus de cent jeunes catholiques jurassiens qui ont partagé samedi à Delémont une journée avec Mgr Martin Gaechter, évêque auxiliaire du diocèse de Bâle et l’abbé Claude Schaller, vicaire épiscopal. Des jeunes qui ont apporté leurs réponses aux interrogations de l’Eglise sur les problèmes brûlants de cette fin de XXe
siècle.
La rencontre était organisée par le Centre d’animation jeunesse du Jura
(CAJ). Elle a vu la participation de jeunes venus de toutes les régions
francophones du diocèse, de leurs animateurs, de leurs aumôniers. Avec,
comme invités, des jeunes de la paroisse française de Berne. En soirée, une
messe animée par le Groupe Passion de Delémont a été célébrée, cela en
point d’orgue à un face à face constructif.. Si quelques jeunes ont peur de
la drogue et du sida, si d’autres hésitent devant l’amour, tous en revanche
souhaitent apporter leur contribution à la construction de la société.
Principal thème abordé: le mariage. Le mariage qui a été défini non pas
comme un aboutissement mais comme une recherche, un chemin de progression
et une aventure. Une alliance avec Dieu.
Concubinage ou non?
Pour se préparer au mariage, faut-il dès lors faire un essai appelé concubinage? Les avis à ce sujet sont partagés. Reste les chiffres: neuf couples sur dix vivent ensemble avant de se marier et, par la suite, un tiers
des mariages sont dissous. Les jeunes sont conscients de ces échecs qui
leur font peur. Ils attachent une grande importance à la famille, et ressentent le divorce comme une cassure grave et difficile à vivre par le couple et les enfants.
Leur sexualité, les jeunes désirent la vivre comme une union, comme un
engagement. Certains n’admettent pas que l’Eglise leur dicte ce qu’ils doivent faire de leur intimité. Parlant des préservatifs et du problème du sida. ils estiment que "la vie de la personne passe avant les lois". Cependant tous ne sont pas de cet avis. D’aucuns pensent en effet que faire le
sacrifice de ne pas vivre ensemble avant le mariage peut favoriser une progression d’entente mutuelle et de spiritualité plus grandes dans la confiance, l’écoute et le respect de l’autre.
Transmettre la foi
"Nous vivons dans une société sécularisée dans laquelle la référence à
Dieu est souvent passée sous silence. Et pourtant, beaucoup de personnes
ont soif de Dieu et s’approchent de la religion d’après leurs besoins et
leurs choix personnels". "Comment, vous les jeunes, pouvez-vous transmettre
votre foi catholique à d’autres jeunes?" Cette question, posée par l’évêque, a fait prendre conscience au groupe qui la traitait qu’"il est difficile de témoigner parce que faire partie de l’Eglise c’est être en marge de
la société". Pourtant, les jeunes ont proposé quelques pistes. Pour eux,
leur foi implique une attitude de vie, de service, de choix, de confiance,
d’amour. Elle doit rayonner, devenir communicative; elle doit "ouvrir
l’Eglise vers l’extérieur".
Quant aux voeux des jeunes face à la construction de l’Eglise de demain,
ils se situent au niveau de la reconnaissance des droits de la femme face
notamment au sacerdoce. Ils demandent la réactualisation des textes liturgiques, une formation des prêtres plus en rapport avec les réalités psychologiques et sociologiques actuelles. Ils posent aussi le paramètre essentiel du temps. Donner aux gens le temps de se rencontrer pour mieux se connaître et pouvoir changer leur regard sur l’autre. Prendre le temps de former de vraies communautés chrétiennes... mais aussi prendre le temps de se
reposer, de se ressourcer. (apic/sic/mf/pr)