Jura: prêtres de Suisse romande en formation à Delémont (231090)
Delémont, 23octobre(APIC) Vingt-trois prêtres et religieux de Suisse romande viennent de suivre au Centre Saint-François de Delémont un recyclage
de deux semaines. Recyclage "profane" basé sur la demande expresse de pouvoir accéder à une meilleure compréhension de la situation actuelle de
l’homme. Le Centre catholique romand de formation permanente a répondu à
leur souhait en proposant des thèmes et des intervenants tant dans les milieux économiques et scientifiques que dans les médias et dans l’Eglise.
Le point fort de ces deux semaines aura été le volet jurassien, avec une
présentation complète de la problématique du monde du travail. Ceci en collaboration avec l’Office cantonal du travail du canton du Jura et Caritas.
Deux éléments ont frappé les participants des autres cantons romands: la
parfaite symbiose entre les organisations d’Etat et Caritas s’agissant de
l’emploi et du placement des chômeurs; "la taille humaine" des dossiers:
"Dans le Jura, on parle des personnes et non des cas".
Les participants ont fait connaissance avec le monde du travail jurassien présenté, par six intervenants. Du chef du Service des arts et métiers
et du travail, Philippe Kaufmann à la conseillère en placements et projets
de Caritas et UNICEF, Antoinette Daucourt. Des spécialistes ont posé leurs
cartes sur la table. Des cartes critiques parfois. De quoi brosser un tableau actualisé des réalités dans lesquelles les prêtres sont appelés à
exercer leur ministère.
A l’heure de l’Europe
Triés sur deux critères - ils ont été ordonnés entre 1978 et 1983 et ils
ont fait leurs études ensemble - les prêtres suisses romands présents à Delémont ont fait le point sur l’Europe, en compagnie de l’économiste et
journaliste genevois Marian Stepczinski. L’Europe à l’heure de l’Est doit
faire face à des contraintes économiques. Des contraintes qui s’étendent à
la planète et qui touchent à tous les éléments de la vie.
De son côté, la Suisse analyse les enjeux politiques et économiques de
l’Europe de demain. Pour les présenter, Pierre Aenishänslin, responsable du
Centre catholique romand de formation permanente a fait venir à Delémont le
secrétaire de la Commission parlementaire des Affaires étrangères, Louis
Magnin.
Les médias de l’an 2’000, leurs tendances, leurs perspectives et l’homme
qu’ils sont en train de façonner ont pour leur part suscité le dialogue entre les participants et le Père Albert Longchamp, rédacteur en chef de
"L’Echo Illustré" à Genève. Quant au sujet brûlant de l’Eglise: le Synode
sur "La formation des prêtres dans les circonstances actuelles" et la situation de l’Eglise en Suisse, ils ont été présentés par Mgr Joseph Candolfi, évêque auxiliaire du diocèse de Bâle et président de la Conférence des
évêques suisses.
Les questions bio-éthiques
La science physique et son évolution on été abordés par Pavel Kocian, de
Lausanne, physicien, ancien professeur à l’Ecole polytechnique fédérale.
Les questions de bio-éthiques ont, quant à elles, été évoquées par l’abbé
Bertrand Kiefer, prêtre et médecin suisse romand qui prépare un doctorat en
théologie morale. La fécondation in vitro (FIV) est apparue voici douze ans
en France. Elle a donné naissance à plus de 3’000 enfants. Dans le monde,
un enfant sur 350 est désormais conçu hors du corps. Le manuel des tentatives de FIV relevait 7’000 tentatives en 1985 et 23’000 en 1988. Cela pose
problème. Un problème moral: "L’enfant qui naît est un don de Dieu, pas un
dû. Pour ses parents, c’est un être humain qui arrive, porteur d’une image
de Dieu", déclarait un jour le père Olivier Dinechlin.
Les progrès faits par la science ramènent aux questions philosophiques
du sens de la vie humaine. Elles soulèvent notamment la question du statut
anthropologique de l’embryon. Elles mettent aussi le doigt sur l’eugénisme,
cette science des conditions les plus favorables à la reproduction et à
l’"amélioration" de la race humaine.
Plusieurs prêtres et un diacre se sont prêtés à l’élaboration d’un bilan
des deux semaines de session. Une session qu’ils estiment être un outil de
travail, "une perception de la perplexité". Elle leur a apporté une grande
humilité: "Celle de sentir que la réalité n’est pas simple". Celle aussi de
constater qu’un prêtre doit se tenir au courant des grandes évolutions comme des grandes révolutions. Pour exercer son ministère, qui postule un accompagnement des chrétiens dans leur réalité quotidienne. (apic/sic/pr)