Jura: Porrentruy recevra l’Ecole de la Foi de Fribourg (020490)
Porrentruy. 2avril(APIC/Michèle Fringeli) La "montée vers Pâques" portera
à Porrentruy les couleurs des cinq continents. En effet, une centaine
d’étudiants de l’Ecole de la Foi et des Ministères (EFM) de Fribourg partageront prières, offices et animations de la Semaine sainte. Au son du tamtam, aux coutumes du Canada, de la Pologne ou d’Haïti, les Bruntrutains dépasseront leurs frontières pour s’ouvrir aux autres. Les "autres", Congolais, Guinéens, Camerounais, Rwandais, Brésiliens, Martiniquais ou Coréens
célébreront pour la première fois une fête de Pâques "extra muros". A l’extérieur d’une institution qui commémore cette année son vingtième anniversaire.
L’Ecole de la Foi et des Ministères de Fribourg accueille des élèves de
20 à 60 ans. Elle leur permet d’approfondir leur foi par un enseignement
basé sur trois options fondamentales: la Parole de Dieu étudiée; la Parole
de Dieu célébrée; la Parole de Dieu vécue en communautés fraternelles. A la
fois école de conversion et de connaissance, l’EFM a formé plus de 1’200
personnes venues du monde entier. Laïcs, prêtres et religieux s’y sont ressourcés ou ont appris les fondements de leur mission, en deux ans d’études.
La volée 1990 a choisi le Jura comme cadre de vie d’un grand événement liturgique. Ses directeurs, Josiane et Noël Aebischer, s’en expliquent dans
une interview accordée au Service d’information catholique du Jura pastoral.
L’Ecole de la Foi et des Ministères se rend dans le Jura partager la
"montée vers Pâques" des Bruntrutins. Pourquoi ce choix?
J. et N.A.: Le déplacement à Porrentruy constitue une première. Jamais
les étudiants ne se sont préparés à célébrer Pâques dans une autre communauté que la leur. Ils s’en réjouissent tout comme ils ont applaudi à l’invitation de l’abbé Bernard Miserez. Une invitation lancée en 1989 à l’occasion des ordinations de Maurice Queloz et de Jean-Marie Rais, deux de nos
anciens élèves.
Qu’attendez-vous de la communauté catholique de Porrentruy et de sa région?
J. et N.A.: Nous attendons qu’elle nous fasse vivre ensemble ce mémorial
du choeur du mystère pascal comme des frères qui rencontrent des frères.
Avec un esprit qui s’ouvre au-delà de toutes les frontières. Car, de notre
côté, nous apporterons la particularité de l’EFM qui représente toutes les
parties du monde.
Revenons à l’EFM. Comment prodiguer un enseignement de foi à une aussi
grande diversité d’étudiants?
J. et N. A.: Nos différences sont de deux ordres. La première concerne
l’âge et les formations de nos étudiants. Ils ont de 20 à 60 ans, reçoivent
pour la première fois les fondements de leur ministère ou se ressourcent
après de longues années d’activités pastorales. La seconde a trait aux cultures qui sont aussi diverses que les pays d’origine de nos élèves. C’est
là notre principale richesse. Celle qui nous permet de vivre l’universalité
dans les exigences de communion et d’accueil des différences. Un point commun rassemble toutefois les membres de l’Ecole: tous sont catholiques et
ont une source unique qui est la Parole de Dieu.
L’enseignement prodigué ne se contente pas seulement d’apporter les fondements tant historiques que bibliques et philosophiques de la foi, il fait
appel à la contemplation et à la célébration de la liturgie. Et surtout,
il permet le difficile apprentissage de la vie communautaire par petits
groupes de quatre à six personnes.
Comment fonctionnent ces communautés et quels sont leurs buts?
J. et N.A.: Avant de former les groupes qui seront appelés à vivre en
communautés, nous essayons de cerner les silhouettes intérieures des étudiants, sur la base de leurs dossiers. Nous constituons des équipes qui
tiennent compte des origines, des vocations. Quelques-unes sont parfaitement homogènes. D’autres sont plus interculturelles.
Dans le concret, nous avons peu d’échecs. Pourtant, ça n’est pas une sinécure de vivre l’accueil des différences. Car, c’est précisément dans ce
contexte que nos propres limites nous sont révélées. Il faut dès lors lancer le défi et donner le témoignage d’un amour communautaire possible. Par
la pratique de l’interdépendance. Quant à la réussite, elle est liée à la
capacité permanente de se pardonner, toujours. Le pardon n’est-il pas la
condition-même de tout baptisé? Des baptisés qui, chez nous, font l’apprentissage de la communauté, pour donner un but final et essentiel à la mission dont ils seront chargés à la sortie de notre établissement.
Cette mission est-elle spécifiquement religieuse?
J. et N.A.: Non, car dans l’esprit du Père Loew, fondateur de l’EFM, la
formation se doit de "susciter dans ce monde sans Dieu des petites communautés qui vivent de Dieu". Et vivre de Dieu, c’est aussi accepter de s’investir dans des lieux où sont prises les décisions. C’est ne pas déserter
les postes-clés. Pour dénoncer ce qui est contradiction avec l’Evangile.
Cela postule aussi pour les communautés chrétiennes un accueil et une reconnaissance de ces démarches de vie si capitales. Car rien n’est plus douloureux pour un chrétien que de n’être pas compris des autres chrétiens.
(apic/sic/pr)