Bonjour docteur... bonjour ma Soeur
Porrentruy, 30septembre(APIC/Michèle Fringeli) Bonjour docteur ou bonjour
ma Soeur? A cause de l’habit, la deuxième formule passe mieux. Soeur MarieMadeleine Michel, médecin, née à Bâle, originaire de Courtedoux, dans le
Jura, prononcera ses voeux perpétuels en l’église Saint-Pierre à Porrentruy
le 25 octobre. La Congrégation des Soeurs Saint-Paul de Chartres fêtera
l’événement dans sa Communauté de Porrentruy.
"Ma vocation s’incarne dans les gens. Parce qu’ils reflètent Dieu, Sa
vérité. Je n’aimerais pas manquer de ce reflet. Jamais". La vocation de
Soeur Marie-Madeleine répond à quelque chose de très fort. Qui la consumait
de l’intérieur. Une inquiétude, une insatisfaction. Comme le besoin impérieux de donner un sens à sa vie. Au-delà de la médecine. Elle a mis du
temps pour savoir que cette chose essentielle était en fait une personne:
le Christ.
Du temps? "Je m’imaginais la vocation comme un appel précis que j’aurais
entendu dans une chapelle... Adolescente, j’étais inquiète. Ce que je cherchais était bien diffus, peu clair. Je crois que j’étais en recherche de
vérité. A 14 ans, je suivis la catéchèse des Jésuites de Bâle. C’était pour
moi un lieu d’échange possible sur les question de la foi. Plus tard, mes
dimanches me devinrent précieux. Ils me faisaient vivre une expérience spirituelles. Mais ils ne me convainquaient pas. Je replongeais avec passion
dans ma vie de semaine. Avec avidité dans mes études de médecine. J’aimais
le dessin, la peinture, le cinéma. Je pratiquais différents sports. Ma vie
de foi ne trouvait pas de place dans toutes ces activités. Elle restait résolument réservée au dimanche. Peu à peu, il me sembla que je manquais
d’unité. J’aimais mes semaines. J’aimais mes dimanches. Comment concilier
les deux?"
Une rencontre décisive
Un jour pourtant, alors que Marie-Madeleine effectuait un stage à l’hôpital de Porrentruy, l’assistant lui demanda d’examiner une religieuse qui
faisait son "entrée". Peu d’enthousiasme chez la jeune stagiaire. Sauf
lorsqu’elle vit l’année de naissance de sa patiente. Une jeune religieuse!
Cela aiguisa sa curiosité. "J’ai rencontré une femme normale, intelligente,
équilibrée. Nous avons parlé médecine". Une amitié s’est nouée. Marie-Madeleine a terminé ses études en rendant des visites sporadiques à la Communauté bruntrutaine des Soeurs Saint-Paul de Chartres, la Communauté de sa
nouvelle amie. Après un examen final, elle était perplexe: "Ou je me décide
pour la vie religieuse, ou j’organise ma profession". Elle est finalement
partie pour Chartres.
Double formation
Présentement, Soeur Marie-Madeleine est en réflexion, juste avant sa
"Profession perpétuelle". Elle est de retour de Rome où elle a consacré
deux semestres à la théologie et à la philosophie. Côté médical, elle est
en demande du titre FMH après six ans d’études à l’Université de Bâle et de
formation post-graduée. Son prochain poste est prévu à l’hôpital régional
de Delémont, en pédiatrie
Originaire de Courtedoux, Marie-Madeleine Michel est née et a grandi à
Bâle. Après son baccalauréat, elle a effectué ses études à Munsterlingen
(TG). C’est à ce moment-là qu’elle a pris sa décision d’entrer à Chartres
pour y accomplir trois ans de noviciat. Elle prononça ses premiers voeux à
Chartres puis elle suivit des cours en faculté de médecine et repris ses
stages. Arrivée à Porrentruy en septembre 1987, Soeur Marie-Madeleine travailla à l’hôpital pendant quatre ans comme médecin-assistante en médecine
interne, en orthopédie, en chirurgie et en gynécologie et obstétrique.
Lutte contre l’illusion
"Ma vie maintenant est très cohérente. Logique. Elle est une lutte permanente contre le monde des rêves et des illusions. J’ai choisi. Et pour
moi, choisir veut dire renoncer à toutes les alternatives". Si Soeur MarieMadeleine aime le monde, si elle aime ses patients, ses collègues, c’est
qu’ils lui font expérimenter profondément sa vie religieuse. "Je ne peux
pas m’arrêter simplement au spirituel parce que j’ai besoin d’être crédible. Envers les autres et surtout envers moi-même. Ce que je fais doit être
en accord parfait avec ce que je ressens. Jésus-Christ est pour moi la seule manière de pouvoir supporter la vie actuelle et de lui donner un sens
constructif. Et suivre Jésus-Christ c’est tendre vers un jamais arrivé".
Son idéal, Soeur Marie-madeleine devra le vivre en conciliant vie professionnelle et vie religieuse. Pas facile car toutes deux ont leurs exigences. "La médecine, c’est le contact avec l’être humain tel qu’il est. La
vie religieuse est avant tout communautaire. Lorsque je suis engagée à fond
dans la médecine, la vie liturgique est en souffrance. Et quand je désire
me plonger dans ma vie spirituelle, c’est la médecine qui me réclame à son
chevet". (apic/sic/mf/pr)