Jura: Les deux quotidiens jurassiens fusionnent (181192)
Delémont/Porrentruy, 18novembre(APIC) La nouvelle de la fusion, le printemps prochain, des deux quotidiens jurassiens - "Le Pays" de Porrentruy
(12’000 exemplaires, fondé en 1873) et "Le Démocrate" de Delémont (18’000
exemplaires, fondé en 1877) - a été accueillie plutôt avec sérénité mercredi dans le Jura. Les milieux d’Eglise interrogés par l’APIC - "Le Pays" a
joué un rôle important dans l’histoire du catholicisme jurassien, dans le
sillage du "Kulturkampf", même s’il n’est plus aujourd’hui un journal catholique stricto sensu - ne sonnent pas le tocsin et plus d’un responsable
religieux ont dit leur confiance dans l’avenir de ce nouveau journal. Et
lui souhaitent bon vent.
"Les lecteurs seront gagnants, car le nouveau journal sera de qualité et
plus étoffé; notre projet est viable, et compte tenu de la conjoncture économique actuelle, cette fusion est la meilleure des solutions", a déclaré
mercredi à l’agence APIC Pierre-André Chapatte, rédacteur en chef du
"Pays".
Pas d’inquiétudes particulières dans les milieux d’Eglise
"Dans les milieux ecclésiastiques, on est plutôt favorable, car le danger était qu’il n’y ait plus du tout de journal dans le Jura", poursuit le
futur rédacteur en chef du nouveau quotidien jurassien, qui a tenu l’évêque
du diocèse au courant des démarches entreprises. Ce dernier a estimé que
c’était une excellente solution, précise-t-il.
En effet, les milieux catholiques sont plutôt rassurés par le maintien
d’une presse faite sur place par des Jurassiens, enracinée dans la culture
locale et sensible à l’identité jurassienne dans toutes ses dimensions. Il
y aura certainement un "choc" aujourd’hui chez les gens, admet Pierre-André
Chapatte, "on tourne la page sur 120 ans d’histoire". Mais en fait, souligne-t-il, "on tourne certes la page, mais on ne l’oublie pas, on la sauvegarde avec des moyens différents; il y avait autrement le risque que l’histoire de la presse jurassienne s’interrompe tout simplement".
Pas d’obstacles à l’évêché de Bâle
Avant que "Le Démocrate" SA et "Le Pays" SA signent leur accord de fusion, les deux sociétés ont obtenu l’aval de leurs actionnaires. Le fait
que le capital social du "Pays" soit à 100 % aux mains d’une fondation du
diocèse de Bâle, à l’ordinariat à Soleure, n’a pas représenté un obstacle à
la fusion, précise Pierre-André Chapatte. De fait, c’est en 1983 - quand
"Le Pays" est passé d’une société coopérative à une société anonyme - que
le biais de la fondation a été choisi, "pour que le journal soit dans des
mains sûres, reste indépendant et échappe aux pressions".
D’ailleurs, précise le rédacteur en chef, l’évêque de Bâle n’a jamais eu
de prétentions sur le journal, sauf à souhaiter qu’il soit bien fait et
qu’il maintienne une certaine ligne d’ouverture. En effet, le journal
n’était plus depuis un certain nombre d’années un quotidien catholique au
sens strict du terme, mais ne cachait pas sa référence chrétienne, prônant
la primauté du spirituel sur le matérialisme. Les développements actuels
permettent de penser qu’une ligne rédactionnelle ouverte et pluraliste sera
maintenue. (apic/be)