Jura: le Conseil pastoral a siégé à Delémont (220992)
Delémont, 22septembre(APIC) "A l’heure de Maastricht, l’Europe se trouve
devant un nouveau choix. Pour ou contre Dieu. Parce qu l’Est comme à l’Ouest, l’Européen souhaite donner un sens à sa vie". L’Europe a besoin d’une
âme. Qui va la lui façonner, sinon les Eglises? Toutes les Eglises, de
l’Atlantique à l’Oural. A l’aide d’un grand mot: solidarité.
Cet appel à la construction d’une culture européenne de solidarité émane
de Mgr Joseph Candolfi, évêque auxiliaire de Bâle. Mgr Candolfi siégeait
samedi 19 septembre à Delémont, au Conseil pastoral du Jura. Ses réflexions
ainsi que le document établi lors de l’Assemblée spéciale du Synode des
évêques réunie à Rome en décembre 1991, ont servi de toile de fond à la
journée de formation du Conseil pastoral. "Tous les laïcs avec les prêtres
et les évêques, sont invités à évangéliser la nouvelle Europe". Evangéliser
ou "porter l’Evangile" c’est agir pour la liberté, pour la communion. Dans
le respect des différences d’autrui. Dans le respect du droit à la vie.
C’est aussi promouvoir la dignité humaine. Et faire le choix de s’engager
en politique, en économie. Dans le souci du bien commun, de la sauvegarde
de la Création. Au service des plus pauvres et des plus démunis.
"Cet Evangile-là, nous ne pouvons pas le porter seuls. Nous avons besoin
des orthodoxes avec qui nous devons renouer le dialogue. Nous devons renouer également avec les protestants, les anglicans et les juifs. Comme nous
serons aussi appelés à dialoguer avec tous ceux qui croient en Dieu. Notamment avec les 20 millions de musulmans qui sont en Europe".
L’Eglise et l’Europe
En fait, l’Eglise catholique n’a pas attendu le Synode spécial sur l’Europe de décembre 1991 pour se mettre au travail. En 1967 déjà les évêques
européens se réunissaient en un premier symposium. De ce premier congrès
sont issues les structures des Conseils presbytéraux et des Conseils pastoraux. Le Conseil pastoral du Jura est né en 1967. Mgr Candolfi en a été le
premier président.
Après 1968, beaucoup de prêtres ont contesté l’Eglise alors que se préparait un organisme européen: le Conseil des Conférences épiscopales européennes qui a vu le jour en 1971. Des contacts étroits et souvents clandestins ont été pris avec les évêques de l’Est qui ne pouvaient pas siéger
dans ce conseil. Des congrès furent organisés tous les deux à trois ans. En
1980, conscients qu’ils ne devaient pas rester seuls à empoigner le problème, les évêques d’Europe réclamèrent la création d’un Conseil des Commisions presbytérales. Deux ans plus tard, ils se penchaient sur leur responsabilité dans l’évangélisation de l’Europe".
Les évêques des Douze se préoccupent par ailleurs des problèmes qu’ils
ont en commun, tout en restant attentifs aux questions des hommes politiques. Musique d’avenir: en 1993, un Symposium réunira à Prague les différents Conseils européens des évêques, des prêtres, des religieuses et religieux ainsi que des laïcs pour tenter de cerner les problèmes nouveaux et
d’y apporter des réponses. (apic/sic/pr)