Jura : Jean Goss a commencé sa tournée de conférences (260291)
Delémont, 26février(APIC) "En pleine guerre, nous allons parler de nonviolence". Et de quelle non-violence ? "Celle qui va jusqu’à donner sa vie
pour sauver l’autre". C’est en ces termes que Jean Goss, apôtre de la nonviolence évangélique, a commencé une série de conférences dans le Jura pour
témoigner de son expérience.
"Avec Dieu, on peut tout", a affirmé Jean Goss. S’il croit en Dieu, il
croit aussi en l’homme. Il croit que son coeur et sa conscience ne peuvent
pas rester de pierre devant un message d’amour. Il pense aussi que l’homme
est appelé à réaliser la justice et la paix. Qu’il peut faire "changer
l’autre en lui disant la vérité et en le respectant dans l’absolu". Et le
respecter dans l’absolu c’est savoir distinguer l’homme du mal qu’il peut
faire.
Le conférencier est par ailleurs convaincu que seule la non-violence
peut renverser une dictature, car "la violence et les autres moyens déplacent les problèmes sans les résoudre". Pour dire cela et mobiliser les
gens, il a parcouru le monde, de la Place Rouge aux Philippines. A ce propos, il a évoqué Manille, où il a été appelé à plusieurs reprises pour parler de la non-violence, notamment avant l’effrondrement du régime Marcos et
pendant les élections présidentielles agitées qui ont porté au pouvoir la
présidente Corazon Aquino. "Sur la grande avenue de la capitale, deux millions de personnes ont répondu à l’appel conjoint de leur évêque et de leur
général. Elles sont venues se placer entre les deux armées - celle du dictateur et celle de l’opposition - et ont ainsi évité les affrontements".
Réagir personnellement
Devant l’injustice, la violence, les conflits, il y a pour Jean Goss
trois manières de réagir. La première est le statu quo: c’est la passivité,
l’indifférence, la peur, la complicité des tièdes. "Quand nous soutenons le
statu quo, nous sommes violents", a-t-il affirmé. La seconde est la révolte
face à l’injustice, cette colère qui peut être bonne pour autant qu’elle
n’apprenne pas aux autres à tuer. La troisième façon de réagir enfin est
celle pour laquelle Jean Goss est en mission, la non-violence.
Pour illustrer cette réponse évangélique si difficile à donner, il cite
un exemple de cheminement personnel. A Paris, un jeune étudiant tue son camarade après avoir visionné un film de violence. Les parents de la victime
vont voir les parents du meurtrier: "ce qui nous arrive est terrible. Nous
ne porterons pourtant pas plainte. Nous sommes venus vous demander si nous
pouvions vous aider". Des exemples comme celui-là, Jean Goss en a vécu
d’autres en Irlande et au Vietnam.(apic/sic/jbs)