Fort Simpson, 21 septembre (APIC/CIP) La onzième et ultime journée du
voyage outre-atlantique du pape Jean Paul II s’est deroulée comme prévu
dans le Grand Nord canadien, à Fort- Simpson, un village de 1.500 ames, ou
le pape a été accueilli par le gouverneur général du Canada, Mme Jeanne
Sauvé. Sa visite promise en 1984 avait été annulée en raison de graves
intempéries. Au prix d’un détour de 8.000 km au terme de sa visite
épiscopale aux Etats-Unis, au Camp Ground, Jean Paul II bravant le froid et
le crachin a salué les indiens dans leur langue. Il a réaffirmé les droits
des indiens à l’autodétermination ainsi qu’aux respects des valeurs
traditionnelles tout en appelant ces derniers à la réconcilaition avec les
canadiens d’origine européenne.
"Je sais, a dit Jean Paul II, que les assemblées des premières nations
indiennes, le tapisarat Inuit du Canada, le Conseil national des métis et
le Conseil autochtone canadien, ont engagé des pourparlers avec le Premier
ministre fédéral et avec les Premiers ministres provinciaux sur les façons
de protéger et de promouvoir les droits des peuples autochtones de ce pays
dans la constitution nationale... J’affirme une nouvelle fois, a ajouté le
pape, votre droit à une juste et équitable mesure d’auto-gouvernement, ce
qui suppose une base territoriale et des ressources adéquates nécessaires
pour développer une économie viable pour les générations présentes et à
venir."
Le pape a ensuite célèbré une messe solennelle, durant laquelle ont été
renouvelées par l’assistance les promesses du bapteme. Dans son homélie,
Jean Paul II est revenu une nouvelle fois sur les droits des indiens, mais
sous un autre angle. "Comme peuple autochtone, a-t-il dit, vous devez faire
face à un énorme défi, celui de promouvoir les valeurs religieuses,
culturelles et sociales qui vont rehausser votre dignité humaine et assurer
votre bien-etre futur. Votre sens du partage, votre compréhension à l’égard
de la communaute humaine, enracinée dans la famille, les relations de haute
estime entre vos anciens et les jeunes, votre vision spirituelle de la
création, qui invite à se préoccuper et à protéger l’environnement, tous
ces aspects traditionnels de votre genre de vie méritent d’etre préserves
et entretenus."
Pour une coexistence pacifique basée sur le respect et la justice
"toutefois, a poursuivi Jean Paul II, ces préoccupations ne doivent pas
exclure l’ouverture à une communaute plus grande. Le temps est venu de se
réconcilier, d’instaurer des relations nouvelles de respect mutuel et de
collaboration, afin de parvenir à la solution vraiment juste de problèmes
non résolus.’’ A noter que les indiens ont denoncé devant le pape les
problèmes et les bouleversements survenus dans leur mode de vie. En
accueillant le pape, Stephen Kakwfi, chef de la nation Dené, a notamment
rappelé la tragédie causée par les maladies apportées par les europeens il
y a trois siècles, les lois étrangères imposées par les blancs et
l’exploitation agressive des ressources naturelles. (apic/bdc/cr)