Journées d’étude de la CES sur le catéchisme universel (270490)
Kerns (OW), 27avril(APIC) La Conférence des évêques suisses (CES) propose
d’apporter plusieurs corrections fondamentales au projet de catéchisme universel. Ce souhait a été exprimé les 25 et 26 avril lors des Journées
d’étude annuelles consacrées cette année à l’examen du projet de catéchisme
universel soumis aux évêques du monde entier jusqu’au 31 mai.
Réunie chez les Dominicaines de Kerns, dans le canton d’Obwald, la CES a
émis trois souhaits prioritaires: la clarté des termes doit garantir l’ouverture au dialogue oecuménique; la hiérarchie des vérités doit être appliquée avec une rigueur plus grande; il faut situer les textes dans leur contexte historique.
Selon le Père Roland B. Trauffer, secrétaire de la CES, dans l’ensemble
l’estimation du document par les évêques est positive. Ces derniers ont cependant "exprimé le désir de corrections fondamentales et de compléments
concernant quelques paragraphes et le projet global". Le secrétariat de la
CES rédigera une prise de position rassemblant les modifications approuvées
par les évêques (les modi). Il transmettra à Rome leur voeu d’une seconde
lecture, une fois les corrections prises en compte.
Les évêques ont été sensibles aux passages qui revêtent une signification oecuménique. "Une critique très claire et des corrections en profondeur sont apportées dans la partie traitant de la vie de la foi; le catéchisme est articulé en ’témoigner - célébrer - vivre la foi’", a affirmé le
Père Trauffer. Même s’il est nécessaire de parler des interdits et des devoirs, les principes de base de l’agir moral et de la vie d’un chrétien
sont tout d’abord l’épanouissement en Dieu et la gloire de Dieu. Il faut
avant tout faire ressortir les vertus chrétiennes typiques. En outre, les
religieux et les laïcs doivent occuper une place plus importante dans le
catéchisme, "les deux états de vie étant négligés", a souligné le Père
Trauffer.
Plusieurs parties du projet ne prennent pas en considération la hiérarchie des vérités, affirmée par le Concile Vatican II. Le lien entre les citations et le noyau de la foi, Jésus-Christ, est peu travaillé. Souvent les
citations scripturaires et des Pères de l’Eglise se suivent et l’on a de la
peine à y mettre de l’ordre. "Dans le souci bien compréhensible de ne pas
favoriser une école théologique, le projet passe parfois à côté des
questions essentielles de notre temps", a affirmé le Père Trauffer. L’autorité doctrinale contenue dans les textes (opinion théologique, affirmation
d’un Concile ou dogme défini) est peu soulignée.
Pour la CES, il importe de replacer les textes dans leur contexte historique, surtout là où ils peuvent être signifiants. "Il faut éviter les interprétations unilatérales, comme par exemple de privilégier le caractère
sacrificiel de l’Eucharistie en négligeant son caractère de festin", a déclaré le secrétaire de la Conférence des évêques suisses.
Le catéchisme pour l’Eglise universelle répond "à une attente et à un
besoin de notre Eglise", ce qui lui donne une grande importance, a relevé
le Père Trauffer. C’est pour cela que les évêques suisses feront parvenir à
Rome leur voeu d’une seconde lecture avant la publication finale. (apic/racor)