Journée noire dans ces dix années de pontificat : le 13 mai 1981, Jean
le pape se rendait à la prison de Rebibbia à Rome pour y rendre visite à
son agresseur et lui dire son pardon.
Depuis 1978, Jean Paul II a publié sept encycliques : "Redemptor
hominis" (Le Rédempteur de l’homme, mars 1979), "Dives in misericordia"
(Riche en miséricorde, novembre 1980), "Laborem exercens" (Sur le travail
humain, septembre 1981), "Slavorum apostoli" (à l’occasion du 11e
centenaire de l’oeuvre d’évangélisation des SS. Cyrille et Méthode, juin
1985), "Dominum et vivificantem" (Sur l’Esprit Saint, mai 1986),
"Redemptoris Mater" (La Mère du Rédempteur, mars 1987) et "Sollicitudo rei
socialis" (sur le développement, fevrier 1988).
Quantité d’autres documents retiendront l’attention, comme la Lettre
proclamant les Saints Cyrille et Méthode co-patrons de l’Europe (avec Saint
Benoît), la Bulle d’indiction du jubilé pour le 1950e anniversaire de la
Rédemption (1983), la Lettre "Salvifici doloris" sur le sens chrétien de la
souffrance humaine (1984), la Lettre apostolique à l’occasion de la clôture
de l’Année Sainte (1984), l’Indult autorisant l’utilisation du Missel
romain de 1962 (messe selon le rite de Saint-Pie V) - qui n’empêchera
malheureusement pas le schisme de Mgr Lefebvre -, la Lettre "Euntes in
mundum" (1988) à l’occasion du Millénaire du Baptême de la Russie.
Jean Paul II a convoqué à trois reprises une réunion pléniaire du
Collège cardinalice : le 5 novembre 1979, pour étudier l’organisation de la
curie romaine, les problèmes entre l’Eglise et la culture et les problèmes
économiques du Saint-Siège; le 23 novembre 1982, pour l’annonce de l’Année
sainte extraordinaire; le 21 novembre 1986, pour examiner le projet de
réorganisation de la curie.
En dix années, Jean Paul II a créé 75 nouveaux cardinaux, lors des
consistoires de 1979, 1983, 1985 et du 29 mai 1988.
Autres dates marquantes du pontificat : la création du Conseil
pontifical pour la culture (mai 1982), l’Année Sainte pour le 1950e
anniversaire de la Rédemption (mars 1983 - avril 1984), la promulgation du
nouveau Code de Droit canonique (1983), l’érection de la Fondation Jean
Paul II pour le Sahel (février 1984), l’assemblée extraordinaire du Synode
des évêques à l’occasion du 20e anniversaire du Concile Vatican II (1985),
l’Année Mariale (juin 1987 - aout 1988), trois Synodes des évêques sur la
famille (1980), la réconciliation et la pénitence (1983) et la mission des
laics (1987).
On connaît les grands thèmes chers à Jean Paul II : la paix fondée sur
la justice, le respect des droits de l’homme, le rôle de la famille,
"société naturelle qui existe antérieurement à l’Etat ou à toute autre
collectivité et qui possède des droits propres qui sont inaliénables", le
respect de la vie "à tous les stades de son développement, de la conception
à la mort naturelle", l’identité spirituelle de l’Europe et ses racines
communes, ainsi que le destin commun de tout le continent - comme il l’a
rappelé récemment devant le Parlement européen -, le dialogue avec les
autres confessions chrétiennes et avec les grandes religions, le
développement et les questions sociales - deux encycliques y sont
consacrées.
Mais c’est sans doute le thème des droits de l’homme qui est le plus
présent dans les messages du pape, aussi bien les droits élémentaires
(santé, nourriture, éducation, travail...) que les droits politiques,
syndicaux et, bien sûr, religieux. S’adressant à la fois aux catholiques
comme à tous les hommes de bonne volonté, Jean Paul II, qui a lui-même fait
l’expérience du totalitarisme, restera sans aucun doute "le pape des droits
de l’homme". (apic/jt/pr/bd)