Journée mondiale de prière pour les vocations (020590)
Fribourg, 2mai(APIC) L’Eglise catholique manque de vocations:le constat
n’est pas nouveau et la Suisse n’échappe pas à ce mouvement qui va en s’amplifiant. Les vocations sacerdotales et religieuses (les "vocations spécifiques") ont cependant encore - et aujourd’hui plus que jamais peut-être leur place, unique, au sein de la communauté ecclésiale pour la guider et
témoigner de l’absolu de Dieu. L’Eglise en est consciente: c’est pourquoi
elle invite chaque année les chrétiens, à l’occasion de la "Journée mondiale de prière pour les vocations" - le 6 mai cette année - à prier en
communauté pour les vocations.
Partout le nombre des prêtres diminue, obligeant les paroisses à s’organiser différemment et poussant les laïcs à prendre leur part de responsabilité dans l’Eglise. La présence visible de la vie religieuse dans la société s’amoindrit, témoin le passage en mains laïques de plus en plus d’institutions - écoles, hôpitaux, homes - tenues auparavant par des communautés
religieuses. Le vieillissement oblige celles-ci à abandonner certaines formes d’apostolat au profit d’une disponibilité plus grande aux appels du
monde: les consacrés sont appelés à une conversion personnelle et communautaire qui les pousse à approfondir leur identité et à relire leur vocation
à la lumière des événements actuels.
De plus en plus, les étudiants en théologie se forment en vue d’un service laïc: sur les quelque 400 étudiants suisses, hommes et femmes, 250
veulent devenir théologiens laïcs. La tendance est plus marquée en Suisse
alémanique, où la profession d’assistant(e) pastoral(e) est mieux connue,
qu’en Suisse romande et au Tessin. Sur 35 étudiants en théologie que compte
le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, 20 se destinent encore au sacerdoce, dont un Suisse alémanique. Le diocèse de Sion compte quant à lui
25 candidats au sacerdoce (13 pour le Bas-Valais, 12 pour le Haut-Valais)
sur une trentaine d’étudiants.
Quant aux communautés religieuses, elles accueillent en général des jeunes qui ont déjà pour la plupart une expérience professionnelle de quelques
années. Ils sont peu nombreux à frapper à la porte d’un couvent, attirés
cependant par une vie communautaire vécue dans la pauvreté et la simplicité. Les communautés, conscientes de l’importance des vocations religieuses
pour l’avenir de l’Eglise et de leur tâche dans l’accompagnement des appelés, accordent une attention de plus en plus grande à la formation.
Des initiatives nombreuses pour encourager les vocations
La "Journée mondiale de prière pour les vocations" n’est de loin pas la
seule activité destinée à susciter des vocations spécifiques dans l’Eglise.
Les initiatives ne manquent pas aux niveaux diocésain, régional et paroissial. Témoignages, rencontres, expériences de vie, célébrations, autant de
moyens propres à susciter des vocations sacerdotales et religieuses dans
l’Eglise.
Le diocèse de Sion a célébré il y a dix ans une "Année des vocations"
qui a rassemblé une grande masse de fidèles dans la capitale: une initiative qui a eu "un incroyable écho", a constaté Walter Stupf, directeur du séminaire diocésain de Givisiez, près de Fribourg, et qui a rendu les chrétiens conscients du manque de prêtres. Le diocèse de Lausanne, Genève et
Fribourg a vécu une "Année des vocations sacerdotales" en 1988/1989: les
résultats, mitigés, ont révélé la nécessité d’une remise en cause personnelle et communautaire des engagés et d’une meilleure mobilisation des personnes; les initiatives prises tout au long de cette année ont cependant
contribué à sensibiliser les fidèles au manque de vocations. Le diocèse de
Lugano, quant à lui, fait de cette année une "Année de prière pour les vocations", au cours de laquelle sont prévus des rencontres régionales et un
pèlerinage à Madonna del Sasso le lundi de Pentecôte.
Relancer l’appel à la vie consacrée
Les communautés religieuses féminines de Suisse romande, conscientes de
l’urgence de relancer l’appel à la vie religieuse, se sont engagées dans un
processus de conversion destiné à les revivifier de l’intérieur. Un processus dont le pèlerinage des religieuses à Mariastein le 20 mai prochain
constituera une étape importante. Un thème, "Qui enverrai-je ?", guidera
leur réflexion ces prochaines années. Leur but: faire mieux connaître la
vie consacrée et célébrer le don de Dieu qu’elle est pour l’Eglise et le
monde. Une préoccupation aussi: mieux répondre aux besoins du temps par de
nouvelles formes d’apostolat et dans le respect des personnes. Les religieuses veulent être présentes aux manifestations qui marqueront en 1991
les 700 ans de la Confédération et témoigner à cette occasion de leur spécificité.
En Suisse, plusieurs organismes sont mandatés par les évêques pour
éveiller et accompagner les vocations: pour la Suisse romande, le Centre
Romand des Vocations (CRV) et pour la Suisse alémanique l’Informationsstelle für kirchliche Berufe (IKB). Lieux d’accueil dirigés par des consacrés
et des laïcs, ces centres proposent divers services: accompagnement des
jeunes en recherche, camps-vocations en été, information et documentation
sur la vie consacrée; ils suscitent des équipes cantonales qui répercutent
le souci des vocations au niveau local.
L’Eglise universelle a toujours porté le souci des vocations spécifiques
pour son dynamisme et son avenir. Le prochain Synode des évêques qui se
tiendra à Rome en octobre prochain sur "La formation des prêtres dans les
circonstances actuelles" exprime bien sa volonté de mieux répondre par ses
engagements aux appels du monde. La Conférence des Evêques Suisses (CES) a
examiné les "lineamenta" (les documents préparatoires au Synode) et fait
parvenir à Rome un rapport contenant les prises de position recueillies
lors de cet examen. C’est l’évêque de Lugano Mgr Eugenio Corecco qui représentera la CES au Synode. Un regret s’est cependant fait jour, qu’a exprimé
Walter Stupf, président des directeurs de séminaires de Suisse, dans une
entretien accordé à l’agence APIC: "Hélas pour nous, directeurs de séminaires, Mgr Corecco représentera la CES à Rome". Une réticence née d’une rencontre entre les directeurs et l’évêque, qui avait déclaré à cette occasion
qu’à Rome il ne défendrait pas l’opinion des directeurs, mais la sienne
propre.
La journée du 6 mai est placée en Suisse romande sous le thème "Famille
et vocation". Les diocèses de Suisse romande la célébreront chacun à sa manière: le diocèse de Sion rassemblera à Saint-Maurice les enfants ayant
participé l’année dernière à un camp-vocation; le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg invitera les familles à Fribourg pour des témoignages sur
l’appel à la suite du Christ et rassemblera les jeunes pour une messe à Genève. (apic/hz/cor)