Journée mondiale de l’alimentation le 16 octobre (131089)
Lausanne, 13octobre(APIC/Ram Etwareea) La révolution verte des années 70
n’a pas eu lieu. La faim continue à décimer des polpulations. La biotechnologie, surnommée la nouvelle révolution verte représente-t-elle la solution
miracle ou va-t-on encore aggraver la disparité et la dépendance entre le
Nord et le Sud ou encore entre le gros et le petit paysan dans le Sud?
En Suisse, l’industrie dépense des sommes considérables pour la recherche biotechnologique. Et elle réclame la privatisation du vivant, végétal
et animal. Le Conseil fédéral a soumis au Parlement, le 16 août dernier, un
projet de révision de la loi sur les brevets d’invention. Une démarche qui
reprend les revendications de l’industrie. Quels sont les véritables enjeux
de cette révision? Ses conséquences pour la recherche, pour les populations
et leur environnement, ici et dans le tiers monde. Pour marquer la Journée
mondiale de l’alimentation qui aura lieu le 16 octobre, le Forum romand de
l’alimentation qui groupe une quinzaine d’organisations écologistes, de
tiers mondistes, de producteurs et consommateurs et d’Eglises, organisent
ces jours une série de conférences-débats sur le thème "Journée mondiale de l’alimentation le 16 octobre (131089)".
Au niveau mondial également, le débat sur les enjeux de la biotechnologie est intense. Le Fonds international pour le développement rural vient
de mettre en garde les pays producteurs de café sur les effets néfastes que
pourraient avoir les recherches biotechnologiques si ces dernières aboutissent. En effet, cinq géants mondiaux de l’industrie alimentaire dont Nestlé
se sont déjà engagés dans ces recherches.
Menaces pour le café
Le café, par exemple, offre un cas d’étude intéressant. Produit exclusivement tropical, il fait vivre plus de 20 millions de personnes en Asie, en
Afrique et en Amérique Latine. Deuxième produit d’exportation du tiers monde, le café rapporte annuellement aux pays producteurs environ 10 milliards
de dollars. A l’exception du Brésil, de la Colombie, du Kenya et de l’Indonésie, ce produit est généralement cultivé par de petits paysans qui occupent ewntre 0,2 et 5 hectares de terre cultivable. Au Rwanda par exemple,
500’000 petits et moyens paysans cultivent le café.
Produite dans le Sud, cette denrée est néanmoins commercialisée par
quelques multinationales du Nord: 80% de la production mondiale est du reste écoulée aux Etats-Unis, En Europe et au Japon. Le cours du café dépend,
après le non-renouvellement de l’Accord international sur le café, de l’offre et de la demande.
Si les recherches biotechnologiques sont concluantes, on peut s’attendre
à ce que de nouvelles variétés résistent davantage aux maladies et aux caprices du temps, mais aussi qu’elles atteignent des rendements plus importants. Des brevets d’exploitation seront alors en vente et seules les multinationales, qui contrôlent déjà des plantations de café en Afrique et en
Amérique Latine, pourraient s’en procurer. Dans le Sud, les petits paysans
disparaîtraient au profit des gros propriétaires, tandis qu’une surproduction ferait inévitablement chuter les cours, réduisant par là les revenus
des pays producteurs déjà pauvres, et en augmentant encore le chômage.
(apic/infosud/pr)