Journée internationale de l’alphabétisation le 8 septembre (070989)
Paris, 7septembre(APIC) A l’occasion de la Journée internationale de
l’alphabétisation le 8 septembre, le Directeur général de l’UNESCO, Federico Mayor, lance un appel à la communauté internationale pour relever le défi planétaire de l’analpabétisme et traduire dans les faits un des droits
de l’homme les plus élémentaires : l’accès à l’éducation. Dans son message,
Federico Mayor souligne en outre que "seule une action d’envergure, des engagements concrets des pays les plus nantis en faveur des plus démunis permettront d’avancer sur le terrain de l’alphabétisation.
Il reste encore beaucoup à faire, malgré les efforts considérables de
nombreux Etats membres de l’UNESCO et les progrès réalisés dans la
scolarisation des jeunes et dans l’éducation des adultes, a poursuivi le
Directeur général, surtout que près d’un milliard d’adultes et d’enfants en
âge de scolarité sont exclus de l’enseignement et que deux tiers des
analphabètes sont des femmes.
"L’alphabétisation permet à l’homme d’accéder aux droits civiques aussi
bien qu’à une meilleure qualité de la vie : c’est donc un droit humain fondamental", a expliqué Leslie Limage, coordinatrice par intérim pour l’Année
internationale de l’alphabétisation à l’UNESCO, au cours d’une interview
donnée à Paris. Le but de ces "Années internationales", rappelle-t-elle,
est "d’attirer l’attention du public mondial sur un problème particulier,
de sensibiliser".
Dans le cas de l’Année de l’alphabétisation, il s’agit de poser la question de savoir comment faire pour que tout homme puisse accéder à l’éducation". On pourrait croire que cette campagne de l’UNESCO ne concerne que
les pays du tiers monde, dont la population n’a pas toujours accès même à
l’enseignement primaire. "Pas du tout, répond Leslie Limage. Cette campagne
concerne aussi tous ceux qui, dans les pays industrialisés, pour des raisons de pauvreté, de guerre... ont eu des difficultés pour apprendre.
L’éducation des adultes est un volet important de notre action". Cette campagne, fait-elle encore remarquer, survient alors que, depuis le début des
années 80, le monde est en pleine crise économique. "En période de crise,
la politique sociale - et pas seulement l’enseignement, mais aussi la santé, le logement...- n’est plus un investissement prioritaire. Il est donc
urgent d’attirer l’attention des gouvernements sur leur responsabilité, et
de leur rappeler que l’alphabétisation et l’éducation sont une garantie de
développement et de croissance économique".
En fait, cette année de l’alphabétisation de l’UNESCO ne va pas se terminer ainsi : c’est un programme de 10 ans qui se met en place, au cours
desquels l’organisation internationale va travailler avec des partenaires
de toutes sortes : gouvernements, organismes spécialisés, organisations
non-gouvernementales des pays industrialisés commes des pays du tiers monde. Des comités nationaux ont été créés : il en existe au total 80. Pour la
Suisse, c’est la Commission nationale pour l’UNESCO, dont le siège est à
Berne, qui joue ce rôle. Des documents ont été publiés, adaptés à divers
publics, parents d’élèves, techniciens, politiciens... Une réunion des médias a eu lieu en mars 1989, pour envisager les moyens de diffuser l’information sur cette campagne. En mars 1990, va se tenir un Congrès mondial
pour l’alphabétisation où se retrouveront des gouvernements, des représentants d’organismes internationaux (UNESCO, Banque Mondiale, UNICEF...).
A-t-on trouvé la méthode miracle qui va permettre une alphabétisation
massive de l’humanité ? "Dans les années 70, on a cherché à découvrir la
formule magique, répond Leslie Limage en souriant. Aujourd’hui, on sait que
les méthodes doivent être adaptées aux contextes, aux types de population,
parfois à l’individu lui-même. Nous avons, à Hambourg, un centre qui travaille dans ce sens. Pour les adultes, en particulier, il y a lieu de trouver des méthodes correspondantes à leurs besoins : on peut mobiliser, si ce
qu’on propose d’apprendre présente un intérêt immédiat". (apic/mjh/mg)