Journée du presbyterium du diocèse (011091)
350 prêtres autour de leurs évêques à Romont
Romont, 1eroctobre(APIC/Yvan Stern) Plus de 350 prêtres du diocèse de
Lausanne, Genève et Fribourg se sont retrouvés lundi à Romont, dans le canton de Fribourg, autour de Mgr Pierre Mamie et de Mgr Gabriel Bullet, pour
marquer les 20 ans d’épiscopat de l’évêque du diocèse, Mgr Mamie, mais aussi les 20 ans de consécration épiscopale de Mgr Bullet, évêque auxiliaire
à Lausanne.
Commencée par la prière des laudes dans la collégiale de Romont, cette
journée, exceptionnelle dans l’histoire du diocèse, a été marquée par une
discussion durant laquelle six prêtres, représentant chaque canton du diocèse et les missions linguistiques, puis les deux évêques, ont dit comment
ils ont vécu ces deux décennies de vie ecclésiale. Après un repas de fête,
les prêtres ont suivi un spectacle-témoignage de Marco Cesa, aumônier des
gens du voyage, visité le Musée du Vitrail et la collégiale, avant de célébrer l’eucharistie que présidait Mgr Mamie, entouré de Mgr Bullet et de Mgr
Amédée Grab, évêque auxilaire à Genève.
L’un des moments forts de cette journée aura été, en fin de matinée, le
bilan des vingt ans d’épiscopat de Mgr Mamie, assisté de Mgr Bullet. Six
prêtres sont venus dire, chacun avec un style très différent, leur manière
de vivre l’Eglise. L’abbé Georges Rossetti (Les Paccots) a relevé comment
les structures voulues par le Concile Vatican II avaient été mises en place
sans trop de difficultés quand elles furent expliquées avec discernement. A
ces yeux, il reste cependant des problèmes: la crise des vocations, l’accueil aux sacrements des divorcés remariés, la messe dominicale.
"Un climat de confiance et de liberté où il fait bon vivre"
L’abbé Pierre Vuichard (Genève) a rappelé quelques difficultés de l’application de la conciliarité dans nos régions; il y a eu le Synode 72, mais
aussi la crise du clergé et le schisme d’Ecône. Dans la conduite des affaires du diocèse, le principe de subsidiarité a bien joué, le dialogue a
fonctionné. "On est dans un climat de confiance et de liberté où il fait
bon vivre". L’abbé Vuichard a souhaité aux évêques de continuer à lutter
pour que ce dialogue et cette confiance dans le diocèse touchent d’autres
régions et d’autres autorités dans l’Eglise. Constatant que "l’Eglise vivote", il a prôné une réelle et permanente conversion à l’Evangile.
L’abbé Arthur Oberson, curé de Ueberstorf, a regretté pour sa part que
les particularités de la partie alémanique ne soient pas suffisamment respectées: "Il y a eu beaucoup de propositions dans les années 70, mais elles ne furent pas toutes suivies de réalisations". L’abbé Martino Serraglio
a lui aussi plaidé la place distincte que souhaitent occuper les communautés composées d’immigrés. L’abbé Claude Nicod, de Cernier, s’est souvenu de
ses années de séminaire et de son engagement, appuyé par les évêques, au
profit des jeunes, des vocations. Avec humour, il a parlé de sa paroisse
neuchâteloise "peu visitée par Mgr mamie, des aumôniers militaires, des
diacres permanents. Il a également rappelé l’expérience extraordinaire du
Synode 72, "où j’ai vu naître une Eglise nouvelle".
Le plus jeunes des intervenants, Alain de Raemy (Lausanne) a dit sa foi
dans le ministère des évêques, ministère auquel les prêtres participent. Il
a souhaité une présence plus claire de l’Eglise dans les médias et, au séminaire, une formation catéchétique de base et une initiation au ministère
de l’évêque.
A marquer dans les annales
Mgr Bullet s’est quant à lui souvenu que son premier voeu, le jour de
son ordination épiscopale, était d’intensifier le dialogue prêtres-évêques.
"Ce dialogue, je vous le demande encore aujourd’hui, entre vous, entre nous
et avec les laïcs". Ces vingt dernières années, il a été question d’évangélisation; elle est toujours urgente. Mgr Bullet a remarqué que se rapprochent pourtant aujourd’hui deux formes d’évangélisation qu’on a souvent opposées: celle qui veut être "le levain dans la pâte", dans les milieux de
vie, pour y faire germer la Bonne Nouvelle, et celle qui est l’annonce explicite de Jésus-Christ.
Mgr Mamie a remercié les intervenants qui lui ont permis de cueillir un
superbe bouquet de fleurs de son diocèse, aux formes et aux couleurs très
variées, quelques-unes avec des épines. Il a souhaité transformer les interventions de cette rencontre en un cahier de doléances et d’espérance qui
devra être repris par le Conseil presbytéral.
Durant la messe qui a conclu cette journée, Mgr Mamie a rappelé dans son
homélie que le centre et le coeur de tout, surtout de la vie de prêtre,
c’est le moment de la consécration. "Notre situation de prêtres: plantée
parmi les hommes et les femmes, ayant l’audace chaque matin de dire notre
volonté, ou au moins notre désir de donner notre vie, goutte à goutte, pour
eux, sachant bien pourtant que je ne saurai les rassasier et apaiser leur
soif: ils ont faim et soif de beaucoup plus que moi".
Cette journée unique dans les annales du clergé du diocèse, au moins en
ce siècle, a été ponctuée de messages des autorités politiques, le préfet
de la Glâne et le syndic de Romont. Elle a permis aux participants de prendre conscience de la grande diversité de l’Eglise du diocèse et, par la
très forte participation des prêtres à cette fête, de son unité. (apic/yspr)