A l’occasion de ses 50 ans, la JEC en colloque à Neuchâtel
Neuchâtel, 13décembre(APIC) Quelque 200 personnes ont participé le weekend du 12 et 13 décembre à l’Université de Neuchâtel à un colloque organisé
par la JEC, la Jeunesse Etudiante Chrétienne Suisse, sur le thème "Jeunes :
des valeurs au service de l’espoir?"
La JEC Suisse, un mouvement d’action catholique qui compte environ 150
militants, essentiellement en Suisse romande, et qui regroupe des étudiants
universitaires et du secondaire, fête cette année son cinquantième
anniversaire. Elle entendait à l’occasion de ce colloque renouveler ses
bases de réflexion à la veille de l’an 2’000. Pour ce faire, elle avait
invité des personnalités extérieures au mouvement, comme l’ancienne
conseillère aux Etats Monique Bauer-Lagier, le physicien Jacques Neyrinck,
professeur à l’EPFL ou le Père dominicain Christian Duquoc, professeur à la
Faculté de théologie de Lyon.
Un "supplément d’âme"
Au cours de la table-ronde de samedi soir, les participants - jeunes,
militants de la JEC, éducateurs...- ont débattu du système éducatif face
aux aspirations des jeunes. Parmi les conclusions de ce débat, on peut relever la contradiction entre ce que veulent les jeunes - une plus grande
ouverture de l’école aux problèmes du monde, de l’environnement, à l’humain, à la spiritualité (nécessité d’un "supplément d’âme") - et la relative passivité, voire l’indifférence qui règnent dans le milieu étudiant, à
l’instar d’ailleurs du reste de la société.
Dimanche, au cours d’une réflexion sur l’éthique, le Père Duquoc a relevé que si l’on assistait à une "récession des utopies", c’est que les
grandes utopies messianiques de ce siècle (communisme, fascisme, nazisme),
au lieu de réaliser l’"avenir radieux" qu’elles promettaient, ont abouti
aux plus grandes tragédies. En conséquence de quoi, l’émergence de l’individu, son aspiration au bonheur personnel, - considéré souvent négativement
- n’est pas forcément de l’égocentrisme, c’est aussi l’affirmation "que
tout n’est pas politique", qu’il y a place pour la vie personnelle. Abordant ensuite le phénomène de la marginalisation des Eglises (dans le cas
particulier de l’Eglise catholique) dans les sociétés modernes, le dominicain français estime qu’une des causes de ce problème vient du fait qu’elle
se considère comme "experte en humanité" et qu’elle prétend ainsi connaître
la règle des comportements humains sans entrer dans le débat : "L’Eglise se
marginalise parce qu’elle n’entre pas dans le débat comme un partenaire
parmi d’autres, parce qu’elle croit qu’elle détient seule la vérité". Et
pour lui, l’Eglise craint de relativiser son témoignage si elle devient
dans les débats éthiques qui agitent la société un interlocuteur parmi
d’autres. (apic/be)