Jésusalem : menace des SCUD sur la ville (300191)
Jérusalem; 30janvier(APIC) /Edith Castel) Alors que la menace des SCUD
Irakiens est toujours présente, la Congrégation des Soeurs de Notre Dame de
Sion ouvre les portes de ses maisons aux populations locales. Pour le temps
d’une alerte en Vieille Ville de Jérusalem ou pour un séjour plus long pour
les familles de Tel Aviv, les habitants, qu’ils soient arabes ou juifs,
sont accueillis dans les chambres étanches qui ont été aménagées dans la
maison de l’Ecce Homo en Vieille Ville et dans celle d’Ein Karem, qui se
trouve en territoire Israëlien, à 2 km à l’ouest de Jérusalem.
Implantée en Terre Sainte depuis 1856, la Congrégation compte à ce jour
plusieurs communautés à Jérusalem, tant à l’Est qu’à l’Ouest, et une petite
antenne à Tel Aviv. Cette dernière ayant été, a déclaré la Supérieure provinciale, "inconfortablement près de plusieurs explosions de missiles
SCUD". La maison de l’Ecce Homo - en plein coeur du quartier musulman de la
Vieille Ville de Jérusalem - et la maison d’Ein Karem qui, en temps ordinaire, accueillent des pèlerins, ont aujourd’hui largement ouvert leurs
portes aux populations qui se sentent menacées. "Je crois, a affirmé la Supérieure provinciale, que nous rendons un réel service aux autres. L’Ecce
Homo reçoit des voisins - les Palestiniens du quartier - apeurés par les
alertes. Ils y passent la nuit avec leurs familles et retournent chez eux
le matin quand il n’y a plus d’alerte. Les Soeurs d’Ein Karem ont accueilli
chez elles une soixantaine d’hôtes juifs. Au début il s’agissait de personnes âgées vivant seules, à présent ce sont de jeunes familles avec des petits enfants, venant de Tel Aviv ou du village même d’Ein Karem". D’autre
part, une des soeurs qui travaille depuis de nombreuses années dans un Institut pour handicapés mentaux accueillant des Juifs et des Palestiniens,
passe la nuit auprès des enfants dont elle s’occupe afin d’aider pendant
les alertes.
A Ein Karem, la vie matérielle s’est organisée...... La communauté des
soeurs contemplatives aidant en l’absence du personnel arabe qui ne peut
plus se rendre à son travail. Les pièces de la maison ont, pour certaines,
changé de destination. La salle à manger des soeurs est devenue le "jardin
d’enfants" et les grand-mères présentes veillent sur les tout-petits pendant que les parents travaillent dans la journée.
Avant la fin de l’ultimatum du 15 janvier, chaque soeur s’est vu offrir
le choix de rester ou de quitter le pays. Toutes ont "décidé de rester" a
relevé la Provinciale, et ce "par solidarité avec ce pays et avec ses deux
peuples", pour "faire ce que d’autres doivent faire en n’ayant pas d’autre
option" ou pour "servir les autres en ce moment critique".
Le fossé de la haine grandit
Il n’en reste pas moins vrai qu’il est encore trop tôt pour voir autre
chose que l’urgence du moment. Ce conflit ouvrira-t-il une brèche pour un
règlement intérieur, une fois la paix extérieure revenue, ou au contraire
creusera-t-il le fossé qui sépare les deux peuples ? "Pour le moment, dit
Soeur Kay Mac Donalds, la Supérieure provinciale, notre tristesse c’est la
peur et la haine qui grandissent, c’est la destruction toujours menaçante,
ce sont les barrières qui grandissent entre les nations. Notre monde ne
pourrait-il trouver le moyen de résoudre ses problèmes autrement que par la
guerre ?" (apic/ec)