Jérusalem : pas de chrétiens des territoires (270389)
Seulement 600 pèlerins à la Via Dolorosa
Jérusalem, 27mars(APIC) Lundi de Pâques, comme souvent depuis le début de
l’intifada, il y a bientôt un an et demi, Jérusalem était paralysée par la
grève générale, tous les commerces étant fermés et les transports publics
inexistants. Les fêtes de Pâques se sont déroulées "dans le deuil", a
déclaré à l’agence APIC le secrétaire du Patriarche latin de Jérusalem, Mgr
Michel Sabbah. Si le chemin de croix du Vendredi-Saint a pu se dérouler
sans incidents, seuls quelque 600 fidèles y ont pris part, pèlerins étrangers ou chrétiens de Jérusalem, mais en l’absence des chrétiens palestiniens des territoires occupés.
Quand on considère la situation actuelle, il y a eu encore pas mal de
pèlerins étrangers cette année, déclare le secrétaire du Patriarche latin,
qui a célébré une messe au Saint-Sépulcre fréquentée essentiellement par
des pèlerins. Les autres années, cependant, ils étaient plusieurs milliers
à participer au chemin de croix sur la Via Dolorosa le Vendredi-Saint. La
semaine précédente, les autorités de l’Eglise à Jérusalem avaient supprimé
la procession des rameaux, qui est une cérémonie à la fois religieuse et
populaire qui rassemble de nombreux chrétiens palestiniens. Le chemin de
croix, lui, n’a pas été supprimé, car les pèlerins parcourent les rues de
Jérusalem en différents groupes, et il y a moins de risque de sécurité.
Mais les chrétiens des communautés chrétiennes des territoires occupés comme ceux de Beit Jalla, Beit Sahour, Betléem ou Rammallah - sont restés
chez eux, par crainte de l’armée israélienne : "S’il y a des incidents, ce
sont les jeunes qui sont attrapés les premiers, alors ils ont préféré ne
pas venir et participer aux cérémonies dans leurs églises paroissiales",
précise-t-on au Patriarcat latin. Sans compter ceux qui sont bloqués par le
couvre-feu ou qui ont peur d’être arrêtés à leur retour. Il y a actuellement plus de onze mille prisonniers politiques détenus par l’armée israélienne, précise le professeur Raymond-Jacques Tournay, au couvent dominicain de Saint-Etienne, près de la Porte de Damas, et un à deux morts par
jour, ainsi qu’une quinzaine de blessés quotidiennement...
"Nous sommes en deuil"
Les traditionnelles festivités à l’extérieur de l’église ont cependant
été supprimées, "car nous sommes en deuil, relève le secrétaire du Patriarche latin : il y a eu plusieurs chrétiens tués depuis le début de l’intifada et beaucoup sont en prison, alors ce n’est pas normal que l’on fête
quand il y a beaucoup de gens qui souffrent". (apic/ra/be)