Jérusalem : Normalisation partielle de la (080889)
Les Universités toujours fermées
Jérusalem, 8août(APIC) La pression internationale et la volonté de redorer une image ternie par près de deux ans d’"intifada" ont incité fin juillet les autorités israéliennes à réouvrir partiellement les écoles palestiniennes en Cisjordanie. "Aujourd’hui, la situation se normalise", a déclaré
mardi 8 août à l’agence APIC Soeur Elisabeth Weidinger, responsable à Jérusalem du Secrétariat des Ecoles catholiques en Terre Sainte. Si les Universités - fermées il y a deux ans - sont toujours interdites à leurs 18’000
étudiants, la situation s’est cependant améliorée pour les deux-tiers des
300’000 élèves palestiniens du primaire et du secondaire.
Etant donné la crise économique et les grèves à répétition, la situation
matérielle des familles palestiniennes est cependant de plus en plus préoccupante et elles vivent "au jour le jour", relève la religieuse d’origine
autrichienne. Actuellement, les autorités d’occupation ont permis la réouverture des six classes primaires et quatre classes du secondaire sur six.
Les deux dernières classes avant l’année du baccalauréat sont toujours fermées, parce que ce sont ces élèves qui sont censés créer le plus de désordres de l’avis de l’occupant.
"Toute une nation est tenue en otage, on se sert de l’éducation comme
d’une arme politique pour annihiler une nation dans sa culture", lançait ce
printemps la Commission "Justice et Paix" de Jérusalem dans un document intitulé "Situation dramatique de l’enseignement en Palestine". Cet appel de
l’organisation catholique, relayé par la déclaration des chefs d’Eglises
chrétiennes de Jérusalem, n’est pas resté sans écho au niveau international
et a incité plusieurs Eglises, dont la Conférence des évêques suisses et la
Fédération des Eglises protestantes de la Suisse, à exiger la réouverture
des écoles palestiniennes fermées par les Israéliens.
"Justice et Paix" dénonçait "l’intention des dirigeants israéliens de
détruire l’infrastructure culturelle existante". L’organisation catholique
évoquait le risque d’analphabétisme pour quelque 120’000 enfants de 6 à 10
ans dont les classes ont été fermées de longs mois. Pour l’année scolaire
1987/88, notait "Justice et Paix", les élèves n’ont étudié que de septembre
à novembre 1987, et du 23 mai au 21 juillet 1988. Pour l’année scolaire en
cours 1988/89, les élèves du secondaire ont eu de 10 à 12 jours de classe,
les cours complémentaires (de 12 à 14 ans) quinze jours et les classes primaires 20 jours environ. Cela signifie, poursuivait "Justice et Paix", que
la totalité des enfants de Cisjordanie ont manqué 43 % de l’année scolaire
1987/88 et presque toute l’année en cours.
Les étudiants des Universités (dont les 1500 étudiants de l’Université
catholique de Bethléem), des Ecoles Normales et des Collèges techniques ont
tout perdu jusqu’à présent et en 1987/88, ils n’ont pu étudier qu’un mois.
40 % de la population de Cisjordanie est d’âge scolaire, notait encore "Justice et Paix", qui révélait que tout enseignement alternatif à domicile,
dans les familles, est interdit et des professeurs ont été arrêtés pour
avoir donné des cours privés.
La direction clandestine du soulèvement partagée
La direction clandestine du soulèvement est partagée au sujet de la participation obligatoire des élèves aux grèves générales à répétition (il y
en a au moins une par semaine...), affirme Soeur Elisabeth Weidinger. Ainsi, dimanche dernier, jour d’école, près de 80 % des enfants se sont rendus
aux cours malgré l’ordre de grève. La religieuse estime que la fermeture
des écoles a fait perdre beaucoup de temps aux élèves, mais le boycott des
cours également. A Jérusalem, un mois a déjà été perdu rien que de cette
façon et des parents membres de la direction clandestine semblent maintenant estimer que le prix à payer en ce qui concerne l’éducation des enfants
devient trop lourd.
Quant aux écoles catholiques de Terre Sainte, elles connaissent d’énormes difficultés financières, qui se chiffrent par millions de francs. Les
salaires des enseignants ont dû être diminués, car les parents - appauvris
par l’intifada, la crise économique et la hausse des prix - ne peuvent plus
payer l’écolage, qui n’a d’ailleurs pas pu être demandé durant la fermeture
des écoles. A son avis, les protestations internationales contre la fermeture des écoles ont eu de l’effet. D’un autre côté cependant, les Palestiniens ont également pris conscience que les enfants ne devaient pas être
impliqués dans ce processus. (apic/be)