Jérusalem : les Palestiniens chrétiens dans l’expectative (230388)
Jérusalem, 23mars(APIC) Les écoles publiques et catholiques de Terre
Sainte ont reçu l’ordre de la "direction clandestine" du soulèvement palestinien de reprendre les cours ce jeudi 24 mars. Soeur Elisabeth Weidinger, autrichienne, directrice du Secrétariat des écoles catholique à Jérusalem, a déclaré à l’agence APIC qu’elle ne savait pas si cet ordre allait
être suivi d’effet. La religieuse d’origine autrichienne a exprimé ses
craintes pour l’avenir des chrétiens palestiniens "pris entre deux feux".
Les établissements d’enseignement palestiniens dans les territoires occupés ont été fermés peu avant Noël par les autorités militaires israéliens. A Jérusalem, les écoles arabes ont également fermé leurs portes par
solidarité avec l’insurrection mais surtout par crainte des attentats. Depuis trois mois, les écoliers et étudiants palestiniens sont privés de
cours. La "direction clandestine" du soulèvement palestinien, dans son dernier "Bulletin officiel", a ordonné la reprise des cours pour le jeudi 24
mars.
Parmi toutes les écoles qui ont été fermées, on compte environ 45 institutions catholiques à Jérusalem, Ramallah, Bethlehem, Beit Jalla et Beit
Sahur ainsi que dans des villages chrétiens aux allentours de Jérusalem.
C’est par solidarité avec les écoles fermées par le gouvernement militaire
en Cisjordanie et à Gaza que les écoles catholiques de Jérusalem ont cessé
leur activité. Soeur Elizabeth Weidinger pense qu’il n’était pas possible
de donner un enseignement privé aux élèves pendant la fermeture des écoles.
"Ceux qui ont essayé ont rapidement reçu des lettres de menaces."
Même si chrétiens et musulmans ont la même vigueur dans leur sentiment
d’appartenance à un peuple, "les chrétiens sentent de plus en plus que
beaucoup de choses sont dirigées contre eux..." Pour Soeur Elizabeth Weidinger, "en prouvant leur identité nationale, les chrétiens Palestiniens
risquent de perdre leur identité de chrétiens".
Soeur Elizabeth Weidinger pense également qu’il est possible que l’agitation s’intensifie à l’avenir. D’autre part - et c’est son avis strictement personnel - "les gens paraissent très démoralisés". Beaucoup n’auraient plus de revenus depuis la grève et vivent, en partie sur leur réserves, en partie de ce qu’ils trouvent pour se nourrir, au jour le jour.
L’Eglise essaye d’aider la population, "mais il n’est pas possible d’apporter une aide suffisante". (apic/be/bd)