Jérusalem: Le patriarche Michel Sabbah dénonce (180493)
Pour arrêter l’escalade de la violence, rendre justice aux Palestiniens
Jérusalem, 18avril(APIC) Pour stopper l’escalade de la violence en Israël
et dans les territoires occupés, la seule solution est de rendre justice
aux Palestiniens, a estimé dimanche Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de
Jérusalem. Le responsable catholique déplore que l’interdiction de se rendre à Jérusalem pour les Palestiniens des territoires occupés - comme ce
fut le cas pour les chrétiens arabes lors de la semaine sainte - est une
mesure qui porte atteinte à la nature spécifique de la ville sainte.
Pour le responsable religieux de Terre Sainte, interrogé par l’agence
catholique KNA, le bouclage des territoires occupés n’est pas une mesure
adéquate pour éviter les actes de violence et garantir la sécurité des Israéliens. Au contraire, une telle mesure fait craindre une augmentation de
la violence. De plus, l’interdiction d’accès à Jérusalem pour les Palestiniens des territoires - tant musulmans que chrétiens - a de graves inconvénients pour leur vie civile et religieuse: les malades ne peuvent plus
aller dans les hôpitaux de la ville, des milliers de familles ne peuvent se
rendre à leur emploi.
Fermer les territoires et interdire l’accès de leurs habitants en Israël
est une chose, estime Mgr Sabbah, mais boucler Jérusalem a des conséquences
bien plus graves. Etant donné le rôle que joue depuis des décennies la ville sainte - en raison de sa vocation religieuse et de son importance pour
la vie de tous les jours des Palestiniens - sa fermeture est impossible.
Pour le patriarche latin de Jérusalem, l’augmentation de la violence en
Israël et dans les territoires occupés vient du fait que les négociations
de paix pour le Proche-Orient ne font pas de progrès. Les négociateurs palestiniens, qui appartiennent au camp modéré, perdent ainsi de leur crédibilité tandis que les extrémistes gagnent du terrain. Les gens attendent
des prochaines négociations des résultats tangibles dans leur vie quotidienne.
Mais si les négociations ne donnent rien, alors le cercle vicieux de la
violence risque de continuer de plus belle, estime Mgr Sabbah. Le patriarche latin reconnaît que la récente rencontre entre le chef de l’Etat égyptien Hosni Moubarak et le premier ministre israélien Yitzhak Rabin a donné
de l’espoir à la population, mais cela doit se traduire par des réponses
concrètes. Quant au sort des 400 militants islamistes du mouvement Hamas
déportés par Israël au Sud-Liban en violation du droit international, Mgr
Sabbah est d’avis que leur sort doit être discuté lors de la prochaine rencontre de New York, "car il doit être mis un terme à ce drame humain". Et
de relever qu’une telle mesure, prise soi-disant pour mettre un terme à la
violence, n’a absolument pas contribué à la diminuer. (apic/kna/be)