Jérusalem: Le patriarche latin réclame (111291)
L’occupation militaire toujours aussi dure malgré les pourparlers de paix
Jérusalem, 11décembre(APIC) L’occupation militaire israélienne est toujours aussi dure, mais les pourparlers de paix israélo-arabes ont vraiment
fait naître une nouvelle espérance dans le coeur et dans la tête de beaucoup, estime Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem. Dans une interview accordée mercredi à l’agence APIC à Jérusalem, Michel Sabbah réclame Jérusalem: Le patriarche latin réclame (111291) de Jérusalem, "une ville pas comme les autres, unique au monde", qui doit avoir par conséquent une forme de
gouvernement particulière.
Depuis la Conférence de Madrid, affirme le chef de l’Eglise catholique
latine de Jérusalem, on commence à croire que la paix et la justice peuvent
se réaliser par d’autres moyens que l’usage de la violence. Le dialogue en
cours rencontre cependant encore beaucoup de réserves et de silence, tant
du côté israélien que palestinien, remarque-t-il.
Certains ont en effet peur qu’on leur dicte des conditions qui ne correspondent pas à leurs attentes. Les Israéliens craignent pour leur sécurité,
tandis que les Palestiniens ont peur de ne pas être libérés totalement du
joug israélien et de l’occupation militaire. Le patriarche latin voit cependant des signes positifs, car l’opinion publique israélienne commence à
changer d’avis concernant le dialogue israélo-arabe, ce qui va encourager
les dirigeants israéliens à renoncer à certaines positions rigides.
Concernant Jérusalem, le patriarche latin estime qu’il est nécessaire
que toutes les parties intéressées - les Israéliens, les Palestiniens, mais
aussi les trois religions : le judaïsme, le christianisme et l’islam soient persuadées que Jérusalem ne pourra devenir la ville de la paix si on
ne lui garantit pas un statut spécial. L’histoire a d’ailleurs montré que
le fait que la ville a été gouvernée par une seule puissance politique à
travers les siècles a toujours amené la guerre. Pour mettre un terme à ces
guerres à répétition, toutes les parties concernées devraient pouvoir participer au gouvernement de la ville, tant du point de vue politique que du
point de vue religieux. "J’espère que le processus de paix entamé à Madrid
ne prendra pas fin avant que l’on ait abordé et résolu la question de Jérusalem".
Quant aux festivités de Noël, les Eglises chrétiennes de Terre Sainte
les dédieront à la prière, car Noël est un jour de prière, de présence de
Dieu parmi les hommes. "C’est justement dans des situations de conflit et
de souffrances comme la nôtre que nous avons plus besoin que jamais de cette prière et de cette présence de Dieu", souligne Mgr Sabbah.
Les manifestations extérieures réduites au minimum à Noël
Mais dans certaines paroisses, en raison du manque de sécurité, les messes de minuit seront avancées et, parce que le coeur n’y est pas, les manifestations extérieures seront réduites au minimum, comme depuis l’éclatement, il y a quatre ans, de l’"intifada", la révolte palestinienne contre
l’occupation israélienne. "Il s’agit ici de morts, de blessés et de prisonniers, auxquels toute joie a été enlevée. Il y en a dans chaque quartier,
si ce n’est dans chaque famille, souligne le patriarche latin de Jérusalem,
et dans une telle situation, aucune joie ne peut naître dans les coeurs".
Malgré tout, Mgr Sabbah espère qu’en raison de la Conférence sur la paix au
Proche-Orient, il y aura tout de même plus de joie et d’espérance cette année à Jérusalem. (apic/kna/be)