Jérusalem : le patriarcat orthodoxe suspend (060789)
Jérusalem, 6juillet(APIC) Le patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem a
décidé de ne plus prendre part aux dialogues théologiques avec les autres
confessions chrétiennes. Le patriarche Diodore Ier, patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, a motivé cette décision en déclarant : "Notre Eglise orthodoxe croit fermement qu’elle détient la vérité. (...) Les hétérodoxes
utilisent le fait même du dialogue contre notre Eglise. Ils en tirent argument pour attirer nos fidèles. Nous devons donc défendre la pureté de l’Orthodoxie ainsi que le troupeau qui nous a été confié".
Ce n’est pas la première fois que le patriarche Diodore Ier se plaint du
prosélytisme des confessions occidentales et en premier lieu de l’Eglise
catholique romaine. En 1984, il avait manqué de se retirer du dialogue
catholique-orthodoxe, pour constater un an plus tard que le prosélytisme
restait toujours actif et que la façon dont les choses se présentaient ne
lui laissaient "pas le moindre espoir de succès" dans le dialogue, que ce
soit avec les anglicans ou avec les catholiques. Après avoir protesté et
attendu, Diodore Ier met donc sa menace à exécution.
Le bulletin du service orthodoxe de presse (SOP) français fait
remarquer, à juste titre, que même si le prosélytisme catholique romain et
grec-catholique se développe "aux dépends de l’Eglise orthodoxe locale",
celle-ci est la seule communauté chrétienne importante qui maintienne une
hiérarchie totalement étrangère (grecque en l’occurence) en ayant la grande
majorité de ses fidèles et de son clergé qui soient arabes. "C’est sans
doute dans cette dichotomie que réside la difficulté première à laquelle
elle (l’Eglise orthodoxe) se heurte dans son action pastorale et qui freine
sensiblement son développement", relève le bulletin du SOP. (apic/sop/bd)