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    Jérusalem: Le gouvernement israélien s’en prend au patriarche latin Michel Sabbah

    "Trop politique" aux yeux d’Uri Mor

    Jérusalem, 23 décembre 1999 (APIC) Uri Mor, directeur du Département pour les communautés chrétiennes au Ministère israélien des Affaires religieuses, s’en est vivement pris jeudi au patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah. Au cours d’une conférence de presse, il a estimé que le chef de l’Eglise catholique latine en Terre Sainte était "trop politique". Le patriarche latin, un Palestinien originaire de Nazareth, n’a fait que réclamer la justice pour tous en Terre Sainte lors de son dernier message de Noël.

    Uri Mor a déclaré jeudi qu’il croyait que Mgr Sabbah était un prêtre et un chef religieux, mais en lisant son dernier message de Noël, il a eu l’impression que le patriarche "veut devenir un homme politique". Pour le responsable israélien, connu pour son ton arrogant, le dernier message de Mgr Sabbah "contient 90% de politique".

    Le responsable catholique a déclaré dans son message que tant que les réfugiés n’auront pas récupéré leur dignité et leurs droits, et que les prisonniers politiques ne seraient pas libérés, le pays ne connaîtra pas la paix. La clef de la paix pour toute la région est pour lui la réconciliation entre Israéliens et Palestiniens.

    Plaidoyer pour un partage de la souveraineté sur Jérusalem

    Mgr Sabbah fait part de sa douleur que les lieux saints centraux du Grand Jubilé en Terre Sainte - Jérusalem, Bethléem et Nazareth - sont privés de paix. Jérusalem reste comme auparavant au cœur du conflit. Le patriarche a plaidé - et c’est certainement ce point qui a suscité cette réaction israélienne peu diplomatique - pour que toute décision sur l’avenir de la ville soit prise après avoir entendu toutes les religions concernées, à savoir les juifs, les chrétiens et les musulmans. Ce plaidoyer pour un partage de la souveraineté sur Jérusalem, qu’Israël prétend garder uniquement pour lui, a mal été accueilli par les milieux israéliens qui qualifient Jérusalem de "capitale éternelle et réunifiée du peuple juif".

    Le patriarche latin s’est pourtant refusé à polémiquer contre l’Etat d’Israël et les autorités religieuses juives qui interdisent aux chrétiens de fêter Noël dans les hôtels et restaurants juifs au bénéfice d’un certificat "kashrut". "Nous célébrons Noël dans nos églises, pas dans les restaurants", a-t-il déclaré.

    Notons encore que d’après un sondage d’opinion, 5 juifs israéliens contre 1 saluent la visite prévue du pape Jean Paul II en Terre Sainte en mars prochain. Mais le sondage, sponsorisé par la Fédération internationale des Chrétiens et Juifs, une organisation basée à Chicago, révèle une ignorance générale des juifs en ce qui concerne la réalité chrétienne. Trois juifs israéliens sur quatre par exemple sont incapables de citer la date de Noël, et 62% n’ont pas de relations personnelles ne serait-ce qu’avec un seul chrétien. (apic/jpost/kna/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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