Jérusalem : la situation s’aggrave de (280788)
Le danger principal pour les chrétiens : non pas l’islam mais l’occupation
Jérusalem, 28juillet(APIC) La situation à Jérusalem et dans les territoires occupés "s’aggrave de jour en jour", a déclaré Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, dans une interview accordée jeudi à l’agence
APIC. Il y a deux ou trois morts par jour et cette semaine trois Palestiniens chrétiens ont été abattus par l’armée israélienne à Beit Sahour, Beit
Jalla et Jérusalem. "Il n’y a pas de raison que les chrétiens soient
épargnés, relève Mgr Sabbah, tout le monde est dans le même panier".
Pour le prélat d’origine palestinienne, le danger principal pour la
présence des chrétiens en Terre Sainte ne vient pas de l’islam, mais de
l’occupation militaire. Même si en Israël, voire à l’étranger, on insiste
sur menace que fait peser le fondamentalisme islamique dans le cadre de l’
"intifada", le soulèvement palestinien contre l’occupation, Mgr Sabbah
considère que le courant fondamentaliste islamique est un "courant d’idées
parmi tant d’autres et ce n’est pas le plus important; on trouve dans le
monde musulman palestinien l’islam le plus laïque des pays arabes".
Il y a en effet chez les Palestiniens beaucoup d’autres courants qui
sont laïques, de tendance socialiste, centriste, de droite, explique le patriarche latin. De son point de vue, ce qui met en danger la présence
chrétienne à Jérusalem et dans les Territoires occupés, c’est bien plus "la
situation politique générale, qui est celle de l’occupation militaire et du
soulèvement populaire contre cette occupation". C’est la difficulté de
vivre sous occupation qui pousse les familles chrétiennes à émigrer, surtout que la situation s’est fortement détériorée depuis l’éclatement de l’
"intifada" : les commerces n’ouvrent que quelques heures par jour, quand
ils n’ont pas fait faillite, les ouvriers arabes ne vont plus travailler en
Israël, perdant leur source de revenu et s’appauvrissant rapidement; de
plus, les écoles sont à nouveau fermées.
Pas d’examens pour les écoliers et étudiants palestiniens
Les écoliers et étudiants palestiniens - ils sont plus de 350’000 n’ont pas pu passer leurs examens, car les autorités d’occupation ont fermé
les écoles. Des certificats ont été donnés aux écoliers et aux étudiants avec l’accord des autorités jordaniennes, responsables pour l’éducation
dans les territoires occupés et à Jérusalem-Est - pour qu’ils puissent continuer leur scolarité. L’Université catholique de Bethléem, soutenue par le
Vatican, a été fermée par décret en octobre dernier et les étudiants et les
professeurs sont dans l’expectative, à l’instar des autres Universités
palestiniennes, fermées elles aussi "provisoirement" depuis des mois. Les
écoles vont-elles être réouvertes au mois d’août ? "Dieu seul le sait",
répond le patriarche.
Appel aux chrétiens d’Occident
Lançant un appel à la solidarité des Eglises et des chrétiens d’Occident, Mgr Sabbah leur demande de s’engager pour la paix rapidement "car
nous ne voulons pas patienter encore quarante ans pour avoir la paix". Cette paix, le patriarche latin de Jérusalem ne l’espère pas de si tôt, surtout que les politiciens israéliens sont paralysés par l’échéance électorale de l’automne et qu’ils ont laissé les mains libres aux militaires. Pour
montrer sa volonté de dialogue, Mgr Sabbah a demandé une entrevue au ministre de la défense Ythzak Rabin, demande qui est pour le moment restée
sans réponse. (apic/be)