ne représente qu’elle-même, affirme Mgr Lutfi Laham
Les "sionistes chrétiens" ne peuvent parler au nom des Eglises locales
Jérusalem, 28avril(APIC) L’ "Ambassade chrétienne" à Jérusalem "ne représente qu’elle-même et elle n’est pas autorisée à parler au nom des chrétiens de Terre Sainte, qui vivent dans ce pays depuis 2’000 ans", a déclaré
à l’agence APIC Mgr Loutfi Laham, vicaire patriarcal grec-melkite catholique de Jérusalem. Mgr Laham estime que les chrétiens sont libres d’être
sionistes et de soutenir l’Etat d’Israël, mais ils ne doivent pas le faire
au nom de l’ensemble des chrétiens, surtout s’ils viennent de l’extérieur
et font une interprétation politique des Saintes Ecritures.
A l’occasion du quarantième anniversaire de la fondation de l’Etat d’Israël, cette "Ambassade chrétienne" - fondée par des fondamentalistes protestants américains qui puisent dans la Bible une justification eschatologique de l’existence d’Israël - a développé une intense propagande en faveur de l’Etat hébreu dans différents pays, dont la Suisse. Sa prétention à
parler au nom des chrétiens et de s’ériger en "Ambassade" à Jérusalem a
suscité une mise au point des Eglises chrétiennes de Jérusalem.
Signée par les "Eglises chrétiennes de Jérusalem", cette mise au point
sur "la soi-disant Ambassade chrétienne" à Jérusalem a été adoptée, après
concertation, par toutes les Eglises locales : les Eglises catholique latine, grecque-melkite catholique, anglicane, luthérienne, arménienne, grecque-orthodoxe... Parlant de cette "Ambassade", Mgr Laham relève que les
membres de ce mouvement sont tous des étrangers au pays : "Nous n’acceptons
en aucune manière qu’ils parlent en notre nom". C’est l’organisation d’un
Congrès chrétien sioniste international à Jérusalem qui a suscité la
réaction des chrétiens de Terre Sainte.
Rappelons que le 22 janvier dernier, les mêmes communautés chrétiennes
de Jérusalem avaient signé une déclaration rappelant les droits inaliénables des populations de Cisjordanie et de Gaza et s’étaient déclarées solidaires de ceux qui subissent l’oppression et la privation de leurs droits
dans les camps de réfugiés palestiniens. Après avoir appelé à une journée
de jeûne et à une semaine de prière pour la justice et la paix en Terre
Sainte, les Eglises rappelaient que la paix ne pouvait être basée que sur
la justice. (apic/be)