Jérusalem: L’administration militaire israélienne dans (201290)
Réplique des chefs des Eglises chrétiennes de Jérusalem
Les festivités de Noël restreintes au minimum
Jérusalem, 20décembre(APIC) Pour la troisième année consécutive depuis le
déclenchement de l’intifada, les fêtes de Noël à Jérusalem et dans les
territoires occupés auront un goût amer. Jeudi 20 décembre, à l’issue de
leur réunion commune, les chefs des Eglises chrétiennes de Jérusalem ont
décidé de restreindre les festivités de la Nativité aux cérémonies
religieuses et de consacrer leurs prières à la paix en Terre sainte et dans
le monde. Ils dénoncent également à l’unanimité dans leur message de Noël
rendu public le même jour les attaques constantes dont ils sont sont l’objet de la part d’officiels israéliens.
Les autorités militaires israéliennes dans les territoires occupés, dans
un rapport interne dont la radio de l’armée a cité des extraits, ont en effet qualifié les leaders des communautés chrétiennes de Terre Sainte d’"extrémistes" qui se livrent à de la propagande anti-israélienne tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Selon ce rapport, rédigé par Schmuel Hamburger, chef de la "division religieuse" de "l’administration civile" des
territoires occupés, les chefs religieux chrétiens pencheraient de façon
croissante vers des positions "extrémistes" pour montrer leur loyauté à
l’égard de l’intifada, l’insurrection palestinienne.
Il les accuse de cacher, "par sympathie pour les Palestiniens", les attaques que des musulmans ont faites contre des églises, des couvents et des
cimetières chrétiens. Le rapport interne de Schmuel Hamburger tente d’opposer les intérêts des musulmans et des chrétiens et désigne comme coupables
de propagande anti-israélienne l’évêque anglican de Jérusalem Samir Kafity,
le vicaire patriarcal melkite grec-catholique Lutfi Laham, le patriarche
latin, Mgr Michel Sabbah, et même le patriarche grec-orthodoxe Diodoros
Ier.
Eviter la "destruction finale"
Dans leur prise de position, les chefs spirituels des communautés chrétiennes de Jérusalem lancent un appel à la paix, "au moment où notre région
vit une des crises les plus cruciales de son histoire moderne" et se trouve
dangereusement à la veille d’une guerre dévastatrice. Ils en appellent aux
leaders du monde pour épargner la "destruction finale" à la région.
Concernant les attaques dont ils sont victimes de la part des médias et des
officiels israéliens, ils affirment qu’il est de leur devoir de défendre
les droits de l’homme et demandent à toutes les parties en conflit
d’oeuvrer pour la réconciliation, le pardon, l’amour mutuel et une solution
juste.
Evoquant le "désespoir" des populations, les chefs religieux témoignent
de la détérioration des conditions de vie du peuple palestinien. Ils dénoncent également "les tentatives constantes pour changer le caractère démographique de la Vieille Ville de Jérusalem", notamment l’occupation par la
force par des colons du mouvement "Ateret Cohanim" de l’Hospice de St-Jean,
propriété de l’Eglise grecque-orthodoxe. Ils affirment que l’on assiste à
une "érosion continuelle" des droits traditionnels et des privilèges séculaires des Eglises à Jérusalem, soumises à des taxes municipales et étatiques - ainsi qu’à des empiètements sur leurs terrains et propriétés - qui
mettent en danger leur survie. (apic/com/be)