Jérusalem : Justice et Paix proteste contre la fermeture (280389)
"Toute une nation est tenue en otage"
Jérusalem, 28mars(APIC) "Toute une nation est tenue en otage, on se sert
de l’éducation comme d’une arme politique pour annihiler une nation dans sa
culture", lance la Commission "Justice et Paix" de Jérusalem dans un document intitulé "Situation dramatique de l’enseignement en Palestine" et rendu public durant la Semaine Sainte. L’organisation catholique dénonce "la
détermination des dirigeants israéliens d’empêcher à tout prix les enfants
d’étudier et leur intention de détruire l’infrastructure culturelle
existante". "Justice et Paix" craint en effet le risque d’analphabétisme
pour quelque 120’000 enfants de 6 à 10 ans dont les classes ont été fermées
par les militaires israéliens en Cisjordanie.
Pour l’année scolaire 1987/88, note "Justice et Paix", les élèves n’ont
étudié que de septembre à novembre 1987, et du 23 mai au 21 juillet 1988.
Pour l’année scolaire en cours 1988/89, les élèves du secondaire ont eu de
10 à 12 jours de classe, les cours complémentaires (de 12 à 14 ans) quinze
jours et les classes primaires 20 jours environ. Cela signifie, poursuit
l’organisation catholique, que la totalité des enfants de Cisjordanie ont
manqué 43 % de l’année scolaire 1987/88 et presque toute l’année en cours.
Les étudiants des Universités, Ecoles Normales, Collèges techniques ont
tout perdu jusqu’à présent et en 1987/88, ils n’ont pu étudier qu’un mois.
Ces mesures touchent 300’000 enfants d’âge scolaire et 18’000 étudiants. 40
% de la population de Cisjordanie est d’âge scolaire, note encore "Justice
et Paix", qui affirme : "La fermeture des écoles par l’armée et l’interdiction de toute forme d’enseignement alternatif, en réponse à l’intifada, est
une phase particulièrement dure d’une politique systématique de répression
et de négation des droits de l’homme qui touche à l’éducation et à tous les
aspects de la vie des Palestiniens des territoires occupés". L’organisation
relève ainsi l’interdiction de toutes les activités culturelles et éducatives para-scolaires, comme l’art, le folklore, le sport, les expositions,
etc.
L’enseignement alternatif à domicile, dans les familles, est interdit et
des professeurs ont été arrêtés pour avoir donné des cours privés. Actuellement, pour cette année scolaire, les directives militaires sont plus
sévères encore : elles interdisent toute forme de réunions qui auraient
pour but de chercher des solutions à l’absence d’éducation scolaire ou de
mettre en place des programmes adaptés en cas de réouverture éventuelle des
écoles. Les terminales n’ont pas achevé leur cycle scolaire et 30’000 nouveaux enfants devraient entrer à l’école cette année.
"Justice et Paix", qui lance un appel à la solidarité internationale,
note encore l’augmentation du travail manuel des jeunes enfants en raison
de la fermeture des écoles et l’aggravation de la situation économique et
le manque de perspectives académiques pour deux promotions d’élèves de terminales privés arbitrairement du droit de poursuivre leurs études normalement, ce qui hypothèque gravement leur avenir. En conclusion, l’organisation catholique demande, "face à cette situation inhumaine, sans
précédent", une action internationale rapide et efficace, car "il faut exiger que le droit primordial d’un peuple à l’enseignement soit respecté par
la puissance occupante". (apic/be)