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    Jérusalem : "Justice et Paix" dénonce les destructions de maisons (250989)

    Les représailles israéliennes ont fait déjà 8’000 sans-abris

    Jérusalem, 25septembre(APIC) Assiste-t-on à une nouvelle vague de réfugiés palestiniens, les "réfugiés de l’intifada" ? Depuis le commencement du

    soulèvement palestinien, il y a bientôt deux ans, près de 8’000 personnes

    sont sans abri dans les territoires occupés de Cisjordanie et de Gaza à la

    suite de la destruction ou le scellage de leur maison par l’armée israélienne, révèle dans un document la Commission "Justice et Paix" de Jérusalem. L’organisation catholique qualifie ces destructions de "punition collective inhumaine et inacceptable".

    Dans un document de quatre pages intitulé "La destruction des maisons :

    une punition collective inhumaine et inacceptable", Justice et Paix - Jérusalem se demande si l’on n’assiste pas ainsi à une nouvelle vague de réfugiés palestiniens. La Commission catholique estime que ces représailles

    sont "une des mesures les plus dures appliquées par l’armée d’occupation

    israélienne pour mettre fin au soulèvement palestinien".

    "Raisons de sécurité"

    La plupart des maisons qui ont été détruites l’ont été "pour des raisons

    de sécurité", détruites au bulldozer ou dynamitées parce qu’un des habitants était accusé ou suspect d’avoir jeté un cocktail molotov - ou quelquefois seulement une pierre. Et cette mesure est prise même dans des cas

    où il n’y avait pas de victimes ni de dégâts matériels. Parfois, affirme

    "Justice et Paix", des maisons ont été détruites pour la seule raison que

    dans leur proximité immédiate, une bouteille incendiaire avait été jetée

    contre un véhicule militaire, sans même que les propriétaires ou les habitants aient le moindre lien avec l’incident. Dans certains cas, ces destructions ont été exécutées pour faire pression sur les familles pour les

    obliger à dénoncer l’un des leurs en fuite.

    Très souvent, les ordres de destruction sont exécutés avant que les suspects n’aient été mis en accusation, bien moins encore jugés. Les ordres

    sont exécutés en toute hâte, afin d’empêcher tout appel éventuel, ce qui a

    amené l’armée à commettre des "erreurs irréparables". "Justice et Paix" cite l’exemple de Hamad Bani Shams, de Beita, près de Naplouse, dont la maison a été dynamitée au lendemain de l’incident du 6 avril 1988, à l’occasion duquel une jeune fille juive de la colonie d’Elon Moreh avait été

    abattue par un garde israélien. Accusé et emprisonné malgré ses protestations d’innocence, Hamad Bani Shams a passé 14 mois en détention avant que

    la cour n’accepte l’alibi fourni par son employeur juif : l’ouvrier arabe

    était au travail chez lui au moment des faits. Libéré finalement en juin

    dernier, il a retrouvé sa femme et ses deux enfants, mais sa maison n’était

    qu’un amas de ruines, comme 12 autres dynamitées par l’armée à Beita.

    Une autre raison invoquée par les autorités militaires d’occupation est

    l’absence de permis de construire, motif que l’organisation catholique qualifie de "politique" : la menace de détruire les maisons sans permis est

    brandie couramment pour intimider ou punir les villages qui s’engagent activement dans l’intifada. Les autorités israéliennes prétendent fonder juridiquement ces pratique de dynamiter ou de sceller les maisons en invoquant l’article 119 A des ordonnances britanniques de 1945, du temps du

    Mandat sur la Palestine. Or, ces ordonnances ont été révoquées par les

    Britanniques en 1948 et n’ont jamais été appliquées par la Jordanie en Cisjordanie. Il n’y a donc aucune loi locale qui donne un fondement juridique

    à de telles destructions.

    "Déraciner tout un peuple"

    De l’avis de "Justice et Paix", elles constituent une forme évidente de

    punition collective, interdite explicitement par la Quatrième Convention de

    Genève de 1939, article 33. En ce qui concerne l’absence de permis de construire, il faut savoir que plus de la moitié des terres de Cisjordanie ont

    déjà été confisquées au profit de l’armée et des colons juifs et que toute

    construction y est interdite aux Palestiniens. Devant le manque de logements, ils sont obligés de bâtir sans permis. Les destructions de maisons

    pour "raison de sécurité" causent des problèmes sociaux et sanitaires énormes, des familles de 18 personnes devant s’entasser dans quatre pièces...

    ou moins.

    Ce sont d’abord les familles pauvres qui sont touchées, note encore l’organisation catholique qui insiste sur le caractère inhumain de telles

    pratiques : "Le Palestinien ressent la destruction violente de sa maison

    comme une attaque à sa propre personne et à ses ancêtres... c’est lui enlever le droit de vivre, lui refuser son pays et son identité; étant donné

    l’envergure qu’a prise cette punition collective, c’est comme si l’on voulait déraciner tout un peuple." Et "Justice et Paix" de se demander en conclusion de son document : "Les peuples palestinien et israélien sont appelés à vivre ensemble, d’une manière ou d’une autre. Détruire la mnaison de

    l’autre, c’est lui refuser le droit d’être là. Est-ce ainsi que l’on prépare la paix ?" (apic/be)

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