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    des écoles catholiques en Terre Sainte

    Jérusalem: cri d’alarme du Secrétariat (190588)

    Prochaine réouverture des écoles primaires dans les territoires occupés ?

    Jérusalem, 19mai(APIC/Jacques Berset) Malgré l’ordre donné le 19 mai par

    les autorités militaires israéliennes de rouvrir les écoles primaires des

    territoires occupés dès le 22 ou 23 mai, les écoles catholiques de Terre

    Sainte sont dans l’expectative, affirme-t-on jeudi au Patriarcat latin de

    Jérusalem. En fait, relève-t-on, les autorités militaires n’ont permis que

    la réouverture des écoles primaires et des jardins d’enfants, afin de voir

    si cela ne provoquait pas de troubles. Si la situation reste calme, elles

    envisageraient alors d’ouvrir graduellement les écoles secondaires et peutêtre les Universités. Mais les écoles catholiques vont attendre de voir si

    toutes les autres écoles ouvrent avant de recommencer les cours.

    La fermeture depuis les vacances de Noël par les autorités militaires

    israéliennes des écoles en Cisjordanie est une catastrophe humaine et financière. Quelque 300’000 élèves sont ainsi privés de cours et ont déjà

    peut-être perdu leur année scolaire, sans compter les 60’000 élèves palestiniens de Jérusalem qui ne vivent pas sous la loi militaire, mais dont les

    écoles ont également été fermées soit par solidarité soit par intimidation

    ou sur ordre du Ministère de l’éducation ou de la Municipalité.

    Une génération "pleine d’amertume"

    Henri Hélou, du Collège des Frères à Jérusalem, une école qui accueille

    plus de 1’000 élèves, estime que la génération actuelle sera marquée par la

    fermeture des écoles, et que nombreux seront les élèves qui ne pourront

    rattraper le retard accumulé. Malgré le fait que des "écoles alternatives"

    aient été organisées dans les mosquées, les églises ou des appartements

    privés, il est impossible de pallier l’absence de salles et de matériel

    scolaire. Et les soldats n’ont pas hésité, à Beit Sahour (le Champ des Bergers), près de Bethléem, à faire irruption dans l’une de ces classes clandestines et de détruire les bancs, les livres et les cahiers, après que les

    élèves aient pu être évacués à temps. De nombreux éducateurs évoquent

    l’amertume et la haine de cette "génération perdue", réduite à vendre des

    babioles dans la rue pour faire vivre la famille sans travail.

    Déjà plus d’un million de dollars perdus pour les écoles catholiques

    Selon Soeur Elisabeth Weidinger, une religieuse d’origine autrichienne

    depuis onze ans à la tête du Secrétariat des écoles catholiques de Terre

    Sainte, les écoles catholiques (sans compter celles dépendant du Patriarcat

    latin, qui sont financées en partie par les Chevaliers du Saint-Sépulcre)

    ont déjà perdu plus d’un million de dollars à cause de l’ "intifada", l’insurrection palestinienne. Les écoles catholiques non latines vivent notamment des subventions vaticanes et des taxes d’inscription que paient les

    élèves. Malgré la fermeture des classes, les maîtres continuent de recevoir

    leur salaire, sans que les écoles puissent demander la participation financière des parents d’élèves.

    D’autant plus que de nombreuses familles sont ruinées par la fermeture

    constante de leur commerce lors de grèves générales à répétition (il y en a

    eu quatre ces deux dernières semaines) et la baisse générale de l’activité

    commerciale (les magasins n’ouvrent plus à Jérusalem-Est que de 9 H à 12 H,

    les restaurants sont fermés, le tourisme est en chute vertigineuse) et industrielle (les ouvriers palestiniens ne vont plus travailler en Israël et

    de nombreuses usines ont fermé leurs portes en Cisjordanie).

    Si les classes reprennent, relève-t-on au Patriarcat latin de Jérusalem,

    les élèves auront six jours de cours par semaine et le nombre d’heures par

    jour sera également augmenté. On espère ainsi pouvoir sauver l’année scolaire, bien que l’on ne se fasse pas d’illusions sur la possibilité de percevoir l’écolage des élèves dont les familles sont appauvries par la crise

    économique née de l’ "intifada". (apic/be)

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