"Les Territoires occupés transformés en une immense prison"
Jérusalem, 5février(APIC) La population palestinienne dans les Territoires occupés de Cisjordanie et de Gaza est soumise depuis le 13 janvier à un
couvre-feu "strict et général" et "notre peuple est menacé d’une démolition
humaine, morale, sociale et religieuse pire que la famine qui le guette",
affirment mardi les responsables catholiques de Jérusalem dans un appel à
l’aide envoyé aux Caritas du monde entier et aux instances internationales.
Dans un appel à la Caritas Internationale signé par Mgr Michel Sabbah,
patriarche latin de Jérusalem, et les chefs religieux grec-melkite catholique, maronite, syrien et arménien catholiques, Caritas-Jérusalem rappelle
la "situation tragique" des Palestiniens depuis le déclenchement de la
guerre du Golfe le 17 janvier. L’organisation caritative catholique relève
que c’est depuis le 13 janvier déjà que le couvre-feu a été imposé aux populations arabes.
Plus de célébrations religieuses depuis 3 semaines
"Ce genre de punition collective, affirme l’Eglise de Jérusalem, affecte
la vie quotidienne de milliers de petits enfants, d’élèves sans écoles, de
jeunes sans universités, d’hommes et de femmes sans travail, de personnes
âgées ou malades sans médicaments. Nos églises sont fermées et inaccessibles aux célébrations liturgiques depuis déjà trois semaines et trois dimanches consécutifs". "Ce couvre-feu prolongé et indû, poursuit le communiqué, transforme tous les Territoires et la bande de Gaza en une grande prison et achève de démolir, dans le silence, ce qui est resté de ses structures économiques".
Tout cela, ajoutent les leaders catholiques, "n’est qu’un aspect de
l’injustice internationale que subit notre peuple depuis de longues décades". Privé de ses ressources pour vivre et de sa liberté pour se développer, "il est réduit à l’aumône et est ainsi atteint dans sa dignité d’être
humain".
"Nous aurions souhaité voir les milliards dépensés et donnés généreusement pour la guerre et la destruction dans la région du Golfe investis plutôt au service de la justice et de la réconciliation, dont ont besoin tant
le peuple palestinien que tous les peuples de la région", écrivent encore
le patriarche latin et les vicaires patriarcaux des autres dénominations
catholiques de Jérusalem. Ils réaffirment que la paix juste, vraie, universelle et durable pour tous les peuples de la région "doit commencer par Jérusalem et par la Terre Sainte". (apic/com/be)