Rome/Lusaka, 4mai(APIC/CIP) Jean Paul II, avant de quitter la Zambie pour
le Malawi, a célébré une messe à l’endroit ou doit être construite la
nouvelle cathédrale catholique de la capitale zambienne, dont il a béni la
première pierre.
Dans son homélie, Jean Paul II a évoqué la période de la première
évangélisation de la Zambie (1879-1930), qui a suscité un nombre croissant
de vocations indigènes. Il a ensuite souligné que Jésus demande aux riches
de changer leur coeur, d’être "spirituellement détachés des choses
matérielles", d’avoir le souci des pauvres, de travailler à la construction
d’une société plus juste. Aux pauvres, il a demandé de ne pas perdre
confiance dans leur dignité et leur vocation de fils de Dieu. La haine ne
peut jamais se justifier, leur a-t-il dit, pas même au milieu des pires
difficultés ou en présence d’injustices. Le pape a expliqué que l’Eglise
voulait apporter un message d’espoir à tous ceux qui souffrent, comme les
réfugiés, les chômeurs, les malades, et particulièrement les victimes du
sida.
On estime que plus de 15% de la population zambienne est séro-positive.
Récemment, le gouvernement a organisé une distribution gratuite de millions
de préservatifs. Jean Paul II a exhorté encore les Zambiens à ne pas
perdre, face à d’importants boulversements sociaux, leur sens de
l’appartenance communautaire et du partage, sans quoi la société humaine
risque de perdre sa force morale collective.
A l’issue de la messe, le pape a confié le pays et l’Eglise locale à la
Vierge, demandant spécialement son intercession pour le grand nombre de
personnes qui souffrent à cause de la guerre et de la violence, de
l’injustice et de l’oppression, des difficultés économiques et sociales.
Jean Paul II s’est ensuite rendu à l’aéroport pour s’embarquer à destination du Malawi. Dans son discours d’adieu, il a exprimé sa joie d’avoir
reçu le témoignage "de la stabilité et de la vigueur" de l’Eglise catholique en Zambie. Aux jeunes, il a rappelé que l’avenir du pays et de l’Afrique devra beaucoup à leur sens de la responsabilité et de leur volonté de
persévérer dans leurs idéaux les plus nobles.
Dernière étape : le Malawi
Le pape est arrivé le 4 mai dans l’après-midi à Blantyre au Malawi après
un vol de 760 kilomètres. Blantyre est la ville la plus ancienne et la plus
importante (un peu moins de 400.000 habitants) du Malawi; elle a été la capitale du pays jusqu’en 1975. La résidence du chef de l’Etat se trouve encore dans cette ville, même si la capitale est aujourd’hui Lilongwe.
Jean Paul II a été accueilli à sa descente d’avion par Kamuzu Hastings
Banda, le président à vie, en charge depuis 1966. Dans son discours d’arrivée, il a immédiatement fait allusion aux centaines aux centaines de milliers de réfugiés qui vivent au Malawi, dont beaucoup ont fui la guerre civile au Mozambique. La communauté internationale sait la générosité à laquelle consent le Malawi pour leur venir en aide, en dépit de l’énorme
sacrifice que cela représente pour un pays aux maigres ressources. Un effort d’autant plus méritoire, a-t-il ajouté, que la situation s’est encore
aggravée à cause de la sécheresse de 1988, puis des inondations de ces derniers mois. Jean Paul II s’est alors adressé à la conscience des autres nations pour qu’elles assistent le Malawi dans cette généreuse mission.
(apic/cip/jt/bd)