Jean Paul II : la production agricole (011188)
Nouveau président de l’Académie pontificale des Sciences
Rome, 1ernovembre(APIC/CIP) "La production agricole actuelle devrait aujourd’hui être suffisante pour subvenir aux besoins de l’humanité entière",
a rappelé Jean Paul II en recevant lundi 31 octobre les membres de l’Académie pontificale des Sciences.
L’Académie pontificale des Sciences vient de tenir une session plenière
ou a été traité le thème de la responsabilité de la science. Celle-ci a été
précédée d’une semaine d’étude au cours de laquelle deux groupes d’experts
ont débattu sur "l’agriculture et la qualité de la vie" et sur "la
structure et la fonction du cerveau".
La pape a déploré la subsistance du "problème dramatique de la faim et
de la malnutrition dans le monde", dues au fait que "la répartition très
inégale des ressources alimentaires n’a pas suscité jusqu’ici une politique
d’ensemble". Il a rappelé que "le problème du développement requiert avant
tout une volonté politique et une action de nature éthique et culturelle...
La clé de tout développement humain, a-t-il enchaîné, doit être trouvée
dans un effort généreux de solidarité". Comme l’ont souligné les conclusions de la semaine d’étude organisée par l’Académie pontificale, a-t-il
ajouté, les interventions nécessaires doivent aussi respecter les personnes
et leurs traditions propres.
Sur le second thème, le cerveau, Jean Paul II s’est référé à l’antique
récit de la création, qui "évoque bien la relation intime entre l’organe
(du cerveau) et de l’esprit en l’homme". Il a dit son souhait que les savants confrontent les résultats de leurs expériences avec la réflexion des
philosophes et des théologiens sur cette relation entre l’esprit et l’appareil cérébral. Il a cité l’évêque et scientifique danois Niels Stensen,
qu’il a béatifié le 23 octobre. Pour ce dernier, le cerveau est "le plus
grand chef-d’oeuvre de la nature".
Si la science expérimentale suscite une légitime admiration, a poursuivi
le pape, et si l’Eglise encourage volontiers les recherches des savants, la
science expérimentale n’épuise pas pour autant toute la connaissance de la
réalité : "il existe une autre dimension du réel, à savoir le monde de
l’esprit, des valeurs morales et spirituelles et, au-dessus de tout,
l’ordre de la charité qui nous relie les uns aux autres et à Dieu, dont le
nom est Amour et Vérité".
Citant Pie XI, Jean Paul II a aussi réclamé des efforts pour favoriser
l’unité du savoir dans une solidarité scientifique internationale, dans la
solidarité humaine, dans l’ouverture à toutes le valeurs, pour le bien de
l’homme : "tout savant est aujourd’hui appelé à participer à une patiente
recomposition des connaissances huamines. Il y va de l’avenir de l’homme et
de la culture".
Jean Paul II a remercié le professeur Carlos Chagas, professeur émérite
de biophysique à l’Université fédérale de Rio Janeiro (Brésil), qui a
assumé la présidence de l’Académie pontificale des Sciences au cours des
treize dernières années, et adressé ses voeux à son successeur, le chimiste
italien Giovanni Batista Marini-Bettolo, professeur à l’Université de Rome
et à l’Université du Sacré-Coeur. (apic/jt/bd)