Jean Paul II: l’infatigable pèlerin de la paix (010989)
Fribourg, 1erseptembre(APIC/Pierre Rottet) Mais comment donc fait-il pour
tenir le coup? Cette question, nombre de personnes se la posent à chaque
nouveau voyage entrepris par le pèlerin de la paix, le pape Jean Paul II:
au total 43 visites pastorales hors d’Italie, après sa rencontre avec les
jeunes du monde à Saint Jacques de Compostelle, les 19 et 20 août dernier.
Avec son 43ème voyage, et avant sa possible visite au Liban et celle confirmée qu’il effectuera du 6 au 16 octobre prochain en Asie, le pape aura
visité 83 pays sur les cinq continents. Soit une distance globale de plus
de 640.000 kilomètres, plus qu’aucun autre chef d’Etat.
Accompagner Jean Paul II au cours de ses différents périples à travers
le monde n’est pas une sinécure pour les centaines de journalistes chargés
de le suivre pour les besoins de l’information. Mais elle l’est moins encore pour le pape, confronté à des programmes de visites soutenus à un rythme
infernal, soumis à un changement constant de climats et de fuseaux horaires.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Et le seul exemple de son voyage en
Scandinavie (Norvège, Islande, Finlande, Danemark et Suède), réalisé du 1er
au 10 juin dernier est suffisament éloquent pour être relevé: en dix jours,
Jean Paul II a participé à plus de 23 rencontres avec des chefs d’Etat, des
évêques, des prêtres et religieux, des jeunes, divers mouvements, etc; prononcé quelque 33 discours et homélies, célébré une douzaine de messes et
assisté à près de 10 actes où cérémonies diverses. Sans compter les déplacements, d’une ville à une autre à l’intérieur du pays, d’un pays à l’autre.
Au cours de ses tournées pastorales, Jean Paul II a prononcé plus de
1500 discours dans bon nombre de langues. En quelque dix ans de pontificat,
au rythme de deux voyages lointains et de deux voyages plus proches par an,
Jean Paul II a déjà effectué des visites dans 21 pays d’Europe, 24 d’Amérique Latine et des Caraïbes, les deux pays d’Amérique du Nord, 23 d’Afrique
et de l’Océan Indien, 12 pays d’Asie et du Pacifique, ainsi que l’Australie.
Près d’une année loin de Rome
La France (4 voyages), la Pologne (3), seul pays de l’Est où il s’est
rendu et l’Espagne, 3 également, ont été les pays les plus visités par le
pape. Après un court séjour à Genève, le 15 juin 1982, auprès des instances
internationales, Jean Paul II avait été officiellement reçu en Suisse deux
ans plus tard, c’est-à-dire du 12 au 17 juin 1984. Selon des statistiques
établies par Radio Vatican, le pape a ainsi passé presque une année loin de
Rome, soit près du dixième de son pontificat, si l’on tient compte des 75
voyages en Italie.
Infatigable, du moins en apparence, Jean Paul II poursuit inlassablement, en dépit de ses 69 ans, ses tournées pastorales aux quatre coins du
monde destinées à témoigner de l’Evangile. Sa tête légèrement inclinée son
regard et ses yeux emplis de l’humanisme qu’il ne cesse de répandre, l’image de Jean Paul II a fait le tour du monde. Chacun de ses voyages constitue
un événement médiatique largement répercuté partout. Un journaliste présent
à Compostelle confiait à des collègues peu après la première cérémonie en
la cathédrale, c’est-à-dire 3 heures après l’arrivée de Jean Paul II à
l’aéroport: "je le suis depuis 3 heures maintenant et je n’en peux plus. Je
me demande comment il fait, lui, pour ne pas être épuisé". Il était 14 heures, un repas officiel, une entrevue avec de jeunes invalides et 4 heures
de rencontre avec 400.000 jeunes étaient encore au programme du pape durant
cette même journée. Avant de recommencer, dès le lendemain.
Un jour dans la vie du pape
La faculté de concentration et de récupération physique de Jean Paul II
est exceptionnelle. Car en dehors de ses voyages, son rythme de travail, au
Vatican, dans la vie de tous les jours, ne diminue guère pour autant. Levé
à 5h30... une demi-heure après, dans la chapelle, puis la lecture des notes
et pétitions envoyées de tous les endroits du monde. A 7 heures, Jean Paul
II célèbre la messe. Le déjeûner pris, il demeure seul de 8 à 11 heures, un
temps qu’il occupe à des réflexions et à ses écrits. Puis viennent les audiences, à 11 heures, et le repas, fixé à 13 h.45.
L’après-midi, de 15h.30 à 17 heures, est consacrée à une promenade, à la
prière du Rosaire, à la lecture voire à l’étude pour l’amélioration des
différentes langues qu’il parle, avant de regagner son bureau pour y recevoir des personnalités de l’Eglise, notamment, deux fois par semaine, le
secrétaire d’Etat, le cardinal Casaroli, le préfet de la Congrégation pour
la doctrine de la foi, le cardinal Ratzinger, reçu, lui, une fois chaque
semaine, ainsi que d’autres cardinaux et les évêques.
Après le repas du soir, à 20 heures, Jean Paul II travaille sur les documents envoyés par le secrétaire d’Etat et par les organismes de la curie.
22h.45, enfin, le pape prie le bréviaire dans sa chapelle, avant d’aller se
coucher, parfois tard dans la nuit. Et peut être en pensant déjà au prochain voyage qui l’attend. (apic/pr)