Jean Paul II en Scandinavie
Plaidoyer pour la protection de l’environnement
Tromsö, 4juin(APIC) Après Oslo et Trondheim, le pape Jean Paul II est arrivé vendredi soir pour sa troisième et dernière escale en Norvège dans la
ville portuaire de Tromsö, une ville de 50’000 habitants située au nord de
la Norvège, importante base pour l’industrie pétrolière, avant de s’envoler
samedi vers midi pour l’Islande. Au cours de son passage à Tromsö, dans un
plaidoyer pour la protection de l’environnement, le pape s’est demandé si
l’homme faisait bon usage de sa domination sur la terre, s’il était un protecteur consciencieux de la création ou un exploitateur brutal.
Sur la place Stortorget de Tromsö, où il avait célébré la veille au soir
les vêpres à la lumière du jour - le soleil ne se couchant pas à cette période de l’année dans cette ville septentrionale - le pape Jean Paul II a
présidé une eucharistie samedi matin en présence de 1’500 fidèles. A cette
occasion, il a reçu un chèque de 80’000 couronnes norvégiennes destiné,
ainsi que la collecte du jour, à des projets d’aide au tiers-monde. Durant
la célébration, le pape a insisté sur les dons fondamentaux que l’homme a
reçus de Dieu. Jean Paul II a notamment parlé du don de l’amour, qui permet
à l’homme et à la femme de devenir coopérateurs de Dieu en donnant la vie à
une nouvelle personne humaine. Il a également souligné le don de la terre,
dont les richesses sont à utiliser de manière créative.
Mais que fait l’homme de ces dons ? s’est demandé le pape. Comment se
vit le rapport réciproque entre l’homme et la femme ? Le mariage et la famille mènent-ils à une communion de vie et d’amour ? Quant aux biens de la
terre, l’homme en fait-il usage en protecteur consciencieux ou en exploiteur brutal qui en vient à menacer son propre avenir sur la planète ? "Dieu
est amour" a répété Jean Paul II, ajoutant que, pour le chrétien, l’amour
n’est pas une philosophie, un principe, une idéologie ni même une morale
comme telle. "Pour le chrétien, a-t-il précisé, l’amour a un nom personnel
: Jésus-Christ". C’est donc au Christ que les hommes sont invités à ouvrir
leur coeur.
Visite aux 2’300 catholiques d’Islande
Quittant Tromsö samedi vers midi, après un vol de plus de 1’800
kilomètres, le pape est arrivé à Reykjavik en début d’après-midi. Deuxième
étape de la visite du pape, l’Islande, sur 252’000 habitants, ne compte que
2’300 catholiques, soit moins de 1 % de la population. Le christianisme a
été officiellement accueilli dans le pays en l’an mil. Mais la présence des
catholiques s’efface en 1551, après l’imposition du luthéranisme par les
Danois. Il faut attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour que le
catholicisme soit à nouveau admis en Islande.
A son arrivée à l’aéroport Reykjavik-Keflavik, près de la capitale qui
regroupe la moitié de la population du pays, le pape a d’abord embrassé le
sol islandais, avant d’être accueilli par le Premier ministre Steingrimur
Hermannsson. Jean Paul II a rencontré plus tard en sa compagnie la présidente du pays, Vigdis Finnbogadottir au Palais de Bassastadir, siège de la
présidence.
Dans son discours, le pape a précisé qu’il venait encourager les bons
rapports entre les catholiques et les autres communautés chrétiennes du
pays. Jean Paul II a donc insisté sur les efforts nécessaires en vue de
l’unité des chrétiens. Il a également dit sa préoccupation d’une paix
durable entre les nations et les peuples, grâce à l’instauration d’un ordre
économique et social plus juste.
Attention : matérialisme
Le pape a finalement renouvelé la mise en garde de l’Eglise contre le
matérialisme : la course au seul progrès matériel, a-t-il dit, met en péril
le milieu de vie même où l’homme doit s’épanouir. A ce propos, a-t-il
ajouté, l’héritage culturel contenu notamment dans la poésie et les sagas
scandinaves a beaucoup à dire aujourd’hui à un monde qui attend d’être
inspiré par la vérité et à des hommes qui aspirent à pouvoir créer une
société de justice, de paix et d’harmonie. (apic/jt/cic/be)