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    Islande (3)

    Jean Paul II en Scandinavie (290589)

    Fribourg, 29mai(APIC/CIP) Ile de l’Atlantique Nord touchant au cercle

    polaire, d’une superficie de 103.000 km2, l’Islande était inhabitée lors de

    sa découverte par les Irlandais au cours du 8e siècle. Elle reçoit les

    premiers établissements norvégiens en 1870, avant de passer à la couronne

    danoise (en même temps que la Norvège). Autonome en 904, ce n’est qu’en

    1944, à l’issue d’un référendum, qu’elle se proclame indépendante. Sa

    population est de 243.000 habitants.

    L’Islande est très marquée par son isolement. S’il a favorisé un sentiment d’unité nationale, celui-ci se traduit aussi par une réelle difficulté

    des Islandais à percevoir les dimensions mondiales de certains problèmes;

    un isolement qui est d’ailleurs également ressenti dans l’île, entre le

    nord et le sud, entre la capitale (où vit la moitié de la population islandaise) et la campagne, surtout en hiver, lorsque de nombreuses localités

    sont coupées du monde.

    D’un point de vue économique, l’Islande donne l’impression d’une société

    idéale : pas de chômage, niveau de vie élevé, pas de problèmes d’énergie

    (97% du chauffage et de l’éclairage est assuré par les sources d’eau chaude

    et l’énergie hydro-électrique). Mais cela se paie par un travail assidu -la

    plupart des Islandais effectuent deux heures supplémentaires de travail

    chaque jour et certains cumulent deux emplois- et souvent par l’alcoolisme,

    la mésentente au sein des foyers, des divorces,...

    Oeuvre des missionnaires norvégiens, l’évangélisation a débuté en 931.

    Le catholicisme est devenu religion d’Etat peu de temps après, en 1005, et

    l’île comptait déjà deux diocèses, un grand nombre de monastères et d’abbayes. Le catholicisme sera proscrit au moment où l’île passera à la Réforme (1544). Les catholiques ne retrouveront leur liberté religieuse qu’en

    1874.

    L’Eglise luthérienne islandaise (une grosse paroisse, mais très disséminée) est de tradition scandinave : c’est une Eglise d’Etat. Le gouvernement légifère à son sujet et paie les salaires des pasteurs, et c’est le

    Parlement qui nomme ces derniers et désigne leur destination. Ceci explique

    que des paroisses situées dans les coins les plus reculés ont un pasteur,

    alors que certaines grandes paroisses de la capitale en sont privées. En

    effet, priver les paroisses rurales de leur pasteur reviendrait à encourager une tendance déjà très forte à l’émigration vers Reykjavik.

    L’Eglise occupe une grande place dans la société. "Nous estimons qu’elle

    va de soi, nous ne saurions nous en passer. Elle fait partie de nousmêmes", déclarait récemment la présidente Vigdis Finnbogadottir. Les jeunes, néanmoins, en attendent davantage, et cela n’est sans doute pas étranger au fait que 60% des pasteurs islandais ont moins de 40 ans et qu’on

    exige beaucoup d’eux.

    On trouve en Islande moins de 2000 catholiques dont la plupart sont concentrés dans la capitale et les environs. Parmi eux, beaucoup d’étrangers

    dont certains travaillent à la base de l’OTAN, sujette à de nombreuses controverses (une immense base, l’île occupant par sa situation géographique

    une position stratégique entre l’Est et l’Ouest). Outre l’évêque de Reykjavik (circonscription créée en 1923 et érigée en diocèse en 1958), ils sont

    en tout et pour tout trois prêtres à desservir cette communauté.

    Les catholiques jouissent d’un climat de tolérance et de respect, même

    si, en raison de la mentalité d’isolement qui caractérise l’Islandais, les

    contacts interconfessionnels sont rares. Il existe toutefois un comité interconfessionnel en Islande, qui participe chaque année à la Semaine de

    l’Unité des chrétiens. Les autres minorités chrétiennes sont les pentecôtistes et les adventistes. Un symptôme de la bonne entente qui règne entre

    les différentes confessions : c’est un pentecôtiste qui, l’an dernier, a

    été élu à la tête de la Société biblique islandaise, lors d’une assemblée

    tenue dans une église adventiste.

    Le programme de la visite du pape

    Lors de sa visite sur l’île, Jean Paul II se rendra à Thingvellir, un

    haut lieu de l’histoire islandaise. C’est là que s’est réuni en 930 le premier Parlement qui se soit tenu au monde, l’Althing, et là encore que

    l’Althing fut rétabli en 1943, un an avant la proclamation de la République

    islandaise. C’est à Thingvellir que l’oeuvre d’évangélisation fut inaugurée

    par les missionnaires norvégiens et qu’en 1198, l’évêque Thorlak Thorhallsson, cinq ans après sa mort, fut proclamé patron de l’Islande.

    Jean Paul II sera accueilli à Reykjavik le samedi 2 juin à 13h. L’aprèsmidi sera consacrée à une rencontre avec la présidente Finnbogadottir au

    palais de Bassastadir, puis avec le Premier ministre S.Hermansson. Après

    avoir rencontré le clergé, les religieux, les religieuses et les laïcs dans

    la cathédrale, il se rendra à Thingvellir pour une cérémonie oecuménique de

    prière. Le dimanche 4 juin, il présidera une messe avec premières communions à la cathédrale, puis récitera l’Angelus. C’est à 11h45 qu’il prendra

    congé de l’Islande à l’aéroport avant de s’embarquer à destination d’Helsinki. (apic/cip/mg)

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