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    Danemark: plaidoyer du pape en faveur de l’unité (070689)

    Jean Paul II en Scandinavie

    des chrétiens et pour une interdépendance planétaire

    Copenhague, 7juin(APIC/CIP) La deuxième journée du pape Jean Paul II au

    Danemark, quatrième pays Scandinave visité après la Norvège, l’Islande et

    la Finlande, a débuté mercredi matin 7 juin par une rencontre avec le

    clergé et les religieux, mais aussi avec les laïcs danois auxquels il a

    proposé une réflexion sur le mariage et la famille. Cette rencontre a eu

    pour cadre la cathédrale catholique de Copenhague. Au cours d’un second

    rendez-vous, oecuménique, le pape s’est livré à un plaidoyer en faveur de

    l’unité des chrétiens, avant de recevoir les représentants du corps diplomatiques.

    La cathédrale catholique de Copenhague fut un témoin de l’ostracisme

    dont furent victimes les catholiques au lendemain de la Réforme (toute

    l’activité leur fut interdite au Danemark en 1569); elle était à l’origine

    la chapelle de l’ambassade d’Autriche, à une époque où le culte catholique,

    réintroduit au milieu du 17e siècle par l’ambassadeur espagnol Rebolledo,

    ne pouvait être célébré qu’à l’intérieur des ambassades de France, d’Autriche et d’Espagne. L’Eglise catholique compte aujourd’hui au Danemark 3

    évêques, 105 prêtres et 372 religieuses.

    Dans son discours aux laïcs, le pape a constaté que les chrétiens danois

    sont confrontés à "une triste réalité: divorces, désunion des familles,

    confusion à propos du rôle respectif de l’homme et de la femme, mentalité

    hostile à la vie conduisant à la banalisation de la contraception artificielle et de l’avortement..."

    Beaucoup, a ajouté le pape, jugent l’enseignement de l’Eglise anachronique et envahissant dans les questions dont ils considèrent qu’elles regardent leur vie privée. Jean Paul II a en outre expliqué que l’Evangile, loin

    d’être "une invasion" dans la sphère privée, est "le fondement irremplaçable" de la découverte de soi-même et de la solidité de l’amour. L’Evangile n’impose pas des exigences inhumaines", a relevé le pape, en mettant en

    évidence quelques aspects de la vérité chrétienne sur l’amour: fidélité exclusive et durable des époux, parenté responsable, respect du don de la vie

    et de chaque être humain, de sa conception à sa mort naturelle, dignité

    égale et complémentaire de l’homme et de la femme.

    La bible, fondement solide de l’unité

    Deuxième rendez-vous à l’ordre du jour du pape: une rencontre oecuménique à laquelle assistait une délégation de l’Eglise nationale luthérienne.

    Elle s’est déroulée au Palais Moltke et fut pour Jean Paul II l’occasion de

    revenir sur quelques-uns des grands thèmes de son plaidoyer en faveur de

    l’unité des chrétiens.

    Près de cinq siècles après la "tragique séparation", le pape est venu au

    Danemark en tant que "frère en Christ" et "disciple de l’unique Maître",

    pour affirmer son engagement personnel et celui de toute l’Eglise catholique à travailler au rétablissement de l’unité parmi les chrétiens. Dans

    le dialogue, a-t-il indiqué, il importe avant tout de reconnaître ce que

    l’on a en commun, dans l’espoir de vaincre la méfiance et de favoriser une

    plus grande compréhension réciproque.

    Jean Paul II a plus spécialement parlé de la bible, que tous les

    chrétiens continuent à partager, en dépit de leurs différences. Il a rappelé avec Vatican II que la Sainte Ecriture est "un instrument puissant

    dans la main de Dieu" pour atteindre l’objectif de l’unité. Pour le pape,

    la conviction des chrétiens de leur commune dépendance de l’Ecriture peut

    déjà être considérée comme "un fondement solide" de l’unité chrétienne.

    Le pape a indiqué différents éléments qui sont autant d’indices de la

    convergence croissante des chrétiens, tels que l’utilisation de méthodes

    critiques communes et le consensus de nombreux exégètes, la collaboration

    croissante des chrétiens dans la traduction, la publication et la diffusion

    des textes sacrés. Il reste néanmoins beaucoup à faire, a-t-il ajouté, pour

    faire de l’Ecriture un instrument d’unité. Il est "triste", en effet, de

    constater que l’interprétation des textes reste parfois un facteur de division. Il faut donc que les chrétiens poursuivent le dialogue avec fidélité

    et persévérance, avec l’aide indispensable de la prière. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils pourront surmonter leurs différences, a affirmé le pape, avant de conclure: "La route est clairement indiquée: nous sommes invités à continuer à approfondir notre étude commune de l’Ecriture Sainte,

    notre dialogue sur son contenu et son interprétation et notre collaboration

    pour la rendre plus accessible et compréhensible".

    Le rôle de la religion dans la société

    En fin de matinée, le pape a reçu les représentants du corps diplomatique à la nonciature. A cette occasion, Jean Paul II a évoqué deux grands

    intellectuels danois, qui étaient également de grands chrétiens: Soren

    Kierkegaard et Niels Steensen.

    Kierkegaard, dont le pape connaît bien la pensée pour l’avoir enseignée

    à l’Université catholique de Lublin, est un philosophe et théologien du

    siècle dernier. Il sut montrer, a souligné Jean Paul II, comment la foi

    chrétienne permet à l’homme de vaincre l’angoisse existentielle. Quant à

    Niels Steensen, qui se convertit au catholicisme en 1667, lors d’un séjour

    à Florence, et qui devint le premier évêque catholique pour tout le Nord

    (1678-1686) après la Réforme, c’était un "observateur attentif du corps humain et de la nature", a dit le pape, mais surtout un homme d’une foi profonde. Récemment béatifié par Jean Paul II, Niels Steensen était avant sa

    conversion un savant célèbre dans toute l’Europe, à la fois médecin, anatomiste, géologue et paléantologue.

    Le pape a dit constater un "réveil moral", "une évolution, bien que lente et fragile", "une volonté croissante, bien que parfois avare, d’accepter

    les implications d’une interdépendance planétaire". Il a invité les représentants du corps diplomatique et, à travers eux, les responsables des nations, à encourager cette évolution. Précisant que la mission de l’Eglise

    est essentiellement spirituelle et humanitaire, le pape a aussi mis en garde contre le risque de voir l’homme accroître sa domination sur le monde en

    en perdant "les fils essentiels".

    Le pape a également mis en garde contre "certaines formes d’impérialismes, qui sont en réalité de réelles formes d’idolâtries" (de l’argent, de

    l’idéologie, de la technologie...). Il a enfin invité le corps diplomatique

    à "collaborer pour favoriser l’avènement d’une ère de réelle solidarité,

    dans une ouverture aux dimensions morales implicites de chaque comportement

    humain". (apic/cip/jt/pr)

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