"le problème clé est de lutter pour le bon usage de la liberté"
Rome, 18décembre(APIC/CIP) Le pape Jean Paul II a reçu à Rome, le 17
décembre, dix-huit évêques polonais venus effectueur leur visite quinquennale ("Ad limina") au Vatican.
Le pape, dans le discours qu’il a adressé aux évêques, a d’abord rappelé
l’acte de consécration à la Vierge de Czestochowa que l’épiscopat a fait le
3 mai 1966, à l’occasion du millénaire du christianisme en Pologne.
Cet acte, a dit le pape, n’est pas seulement un acte du passé mais doit
être vu comme indiquant "le chemin polonais vers le début du troisième
millénaire du christianisme dans le monde et spécialement en Europe".
Parlant de la liberté, c’est-a-dire de "la libre volonté des personnes
et indirectement de toute la société", le pape a déclaré : "le problème clé
pour notre service pastoral est de lutter pour un bon usage, un usage adéquat de la liberté parmi nos compatriotes ., cela veut dire : utiliser toujours et partout la liberté dans la vérité".
Pour ce qui est de la liberté religieuse "comme droit des personnes et
des communautés", Jean Paul II a rappelé qu’elle avait trouvé son expression dans une déclaration des Nations-Unies au lendemain de "l’horrible expérience de la seconde guerre mondiale". Il a également évoqué le document
du Concile Vatican II sur cette question "toujours actuelle".
"Le droit de propriété est lié à la personne"
Le droit à la liberté religieuse, a précisé le pape, ne peut rester
isolé de l’ensemble des droits de la personne humaine et des communautés
humaines. En ce qui concerne le droit de propriété, le pape a souligné que
ce droit "est lié à la personne, y compris lorsqu’il s’agit de la propriété
des moyens de production". La raison en est que dès le début, Dieu a fait
de l’homme le "maître de la création visible". Si le droit de propriété est
lié à la personne, c’est "afin que l’initiative économique puisse être correctement libérée". Ce principe, a-t-il ajouté, n’a rien de commun avec une
"propriété absolue des moyens de production". Le droit de contrôle, qu’il
faut reconnaitre à l’Etat, est une chose ., autre chose est le fait de
"détourner l’homme de son travail", "l’anéantissement de l’initiative économique" et, indirectement, le fait de "priver l’homme du sens de son travail".
"Nous ne sommes pas des hommes politiques ni des économistes, a reconnu
le pape devant les évêques. Ce sur quoi nous insistons, c’est sur la dimension éthique et de la politique et de l’économie. Nous sommes aussi, dans
ce domaine, capables de distinguer le bien du mal." Le pape a conclu son
allocution en souhaitant que la Vierge de Jasna Gora intercède en faveur
des évêques auprès du Christ, "afin que la clarté de vues, le courage et la
générosité ne leur fassent pas défaut et rendent ainsi crédibles, aux yeux
de la nation et de l’humanité entière, toute l’activé de l’Eglise en Pologne". (apic/jt/be)