Jean Paul II au Paraguay (180588)
Asuncion, 18mai(APIC/CIP) La dernière rencontre de la journée du mardi 17
mai, le pape l’a consacrée aux "constructeurs de la société", à savoir tous
ceux qui sont actifs dans les mondes de la culture, de l’éducation, de
l’entreprise ou de la politique.
C’est cette rencontre qui avait été à l’origine d’un conflit entre les
autorités et l’épiscopat du Paraguay, les premières ayant tenté de l’annuler "pour des raisons de sécurité" - en fait, parce que peu de représentants du gouvernement y avaient été invités, tandis que s’y trouvaient bien
représentés des "éléments subversifs" (des représentants de l’opposition).
L’Eglise désire promouvoir un développement authentique, a dit le pape,
en se référant à l’appel des évêques paraguayens à un "assainissement moral" dans le pays. "C’est grâce à la moralité publique que peuvent se réaliser dans la société politique les idéaux de justice, de paix, de liberté,
de participation, a ajouté Jean Paul II. Là ou cette moralité fait défaut,
on n’empêche pas seulement de parvenir à ces idéaux, on perd aussi la confiance dans les institutions, en provoquant la passivité et la perte du dynamisme social".
Et d’enchaîner : "La force simultanée et solidaire de valeurs comme la
paix, la liberté, la justice et la participation sont des conditions essentielles pour que l’on puisse parler d’une société vraiment démocratique,
fondée sur la libre adhésion des citoyens. On ne peut parler de vraie liberté, et encore moins de démocratie, là ou il n’y a pas une participation
réelle de tous les citoyens aux grandes décisions qui concernent la vie et
l’avenir de la nation. Une vraie démocratie ne peut d’aucune façon attenter
aux valeurs qui se manifestent sous la forme de droits fondamentaux".
Le pape a encore souligné que "le laïc chrétien ne peut confondre le
noble combat pour la justice avec le projet qui voit dans la lutte des
classes l’unique voie vers l’élimination des injustices de classes et
jusqu’aux classes elles-mêmes". Il a exhorté enfin à une attitude de
concorde et de dialogue et souligne que "chaque société a le droit de
développer ses propres valeurs, qui sont l’expression de l’originalité
culturelle d’un peuple". (apic/cip/bd)