San Francisco, 20septembre(APIC/CIP) Vendredi 18 septembre Jean Paul II
a rendu hommage à la ’’cite de l’espoir’’ qu’est san Francisco, ville qui
l’avait pourtant accueilli avec une certaine froideur et ou ont eu lieu
quasiment les seules manifestations suscitées par le séjour du pape aux
Etats-Unis.
La premiere des deux grandes rencontres de la journee a eu lieu à la
cathedrale Notre-Dame de San Francisco et concernait les representants du
laicat catholique.
La rencontre des laics avec le pape a commencé par une intervention de
Mme Halson, mariée et mère de deux enfants, et Présidente du Conseil des
laics catholiques américains. Elle a évoqué la grande diversité des opinions des catholiques américains sur une série de sujets, tout en soulignant leur foi commune en Jésus-Christ. ’’Je sais, a-t-elle poursuivi,
que l’Eglise n’est pas une démocratie soumise au verdict populaire, mais je
m’attends à etre traitée comme une adulte, une personne mure, formée et
responsable. Ne pas remettre les choses en questions, ne pas etre associée
par les autorites à la concertation, cela équivaut à nier ma dignité de
personne humaine.’’ Mme Halson a encore demandé au pape si l’Eglise ne pouvait pas accueillir davantage les femmes, les pretres mariés, les homosexuels, les divorcés et toutes les personnes de couleur. ’’Habituée comme je
le suis à la concertation et à la collaboration, je n’ai pas toujours le
sentiment d’etre entendue’’, a-t-elle conclu, en invitant le pape à faire
avec elle le tour du catholicisme américain.
Le Dr Patrick Hugues, employé dans les services de l’archidiocèse de San
Francisco, devait à son tour attirer l’attention sur la situation des laics
qui sont engagés professionnellement au service de l’Eglise. A San Francisco, par exemple, la moitié des services diocésains sont gérés par des
laics. Le Dr Hugues a demande que l’on clarifie davantage le statut des
laics ainsi engagés. Il a également parlé de la formation aux ministères,
de la place des femmes encore victimes du sexisme, de l’insuffisance des
salaires.
Une nouveauté : le recours à l’audiovisuel
Ces deux interventions ont été suivies par la projection sur grand écran
de diapositives et de séquences filmées consacrées aux divers services
rendus à l’Eglise américaine par les laics ainsi qu’à leurs engagements
chretiens dans la société. Ce recours à l’audiovisuel pour faciliter la
communication est assurément une nouveauté marquante de ce voyage du pape.
Une réponse ferme du pape
Aux interventions des laics et à la présentation audiovisuelle de leurs
divers engagements, le pape a répondu par un discours ferme mais non depourvu de compréhension pour les difficultes soulevées. Jean Paul II a rappelé que les laics étaient appelés à participer à la mission de l’Eglise.
Il a particulièrement souligné le role de la famille, insistant sur l’éducation des enfants et sur le respect de la vie humaine. Les applaudissements , qui ont ponctué cette insistance du pape, ont été nettement moins
nombreux lorsque Jean Paul II, après avoir rappelé l’indissolubilité du mariage, a redit que les divorcés remariés, tout en ayant droit à ’’l’amour
profond de l’Eglise’’, restaient exclus de la communion eucharistique.
Jean Paul II dénonce la sécularisation
Parmi les défis posés par la sécularisation, Jean Paul II a cité ’’le
relativisme insidieux, qui conduit les fidèles à voir dans les vérités de
la foi un ensemble d’opinions équivalent à d’autres’’. ’’Nous sommes confrontés à un esprit de consommation matérialiste, a ajouté le pape. Cette
mentalite est porteuse de promesses superficiellement attrayantes, mais en
réalité vides, tandis que l’hédonisme propose toute une gamme de plaisirs
qui ne pourront jamais satisfaire le coeur humain.’’
De nouveaux applaudissements ont retenti lorsque le pape a parlé de la
participation des laics à la vie de l’Eglise. Après avoir donné sa bénédiction à toute l’assemblée, Jean Paul II a été longuement ovationné et a pris
conge de son auditoire tout en échangeant quelques mots avec les uns et les
autres.
Messe au stade ’’Candlestick’’ de San Francisco.
Avant de quitter San Francisco pour Detroit, Jean Paul II a célébré une
Eucharistie dans le stade ’’Candlestick ’’. Cette messe, à laquelle ont
participé 70.000 fidèles, a été animée par des groupes folkloriques mexicains.
Evoquant, à la lumiere des textes liturgiques, la difficulté d’escalader
la montagne ou le Christ conduit les baptisés, le pape s’est exclamé :
’’Voici une cité batie sur l’espoir, les espérances des pionniers qui sont
venus y faire fortune, de ceux qui sont venus y chercher la paix, de ceux
qui continuent d’y chercher refuge contre la violence, la persécution ou la
pauvreté. C’est la ville ou, il y a plus de 40 ans, des hommes d’Etat se
sont réunis pour fonder les Nations-Unies, expression de nos espoirs communs pour un monde sans guerre, un monde voué à la justice et gouverné par
des lois justes.’’
Revenant sur les textes de la liturgie, le pape a de nouveau valorisé la
mission propre de l’Eglise et insisté sur la vocation chrétienne comme un
appel à grandir dans la grace reçue au bapteme. (apic/cip/cor)