"Faites honneur aux principes évangéliques"
Sao Salvador da Bahia, 21octobre(APIC) Le pape a pris congé du Brésil
lundi en fin de matinée. Ce second périple du pape dans le pays, après celui de 1980 était son 53e voyage hors d’Italie. Jean Paul II a parcouru
23’000 kilomètres pour visiter dix villes et prononcer 31 discours. Dans
son ultime message il a souhaité que le Brésil continue de faire honneur
aux principes évangéliques qui ont fait de lui un pays "unique dans sa physionomie catholique".
La cérémonie de congé s’est déroulée à l’aéroport de Sao Salvador da Bahia en présence de Francisco Rezek, ministre des Affaires étrangères du
gouvernement brésilien.
Dans son discours d’adieu, Jean Paul II a exprimé l’espoir "que la nation brésilienne emprunte toujours le chemin de la valorisation de la dignité de l’homme, qu’elle sache accueillir avec générosité le don de la vie,
qu’elle respecte et sauvegarde l’unité de la famille, préserve et défende
les droits de l’homme dans son travail et la convivialité sociale".
"Mon regard se tourne vers tous ceux qui rêvent d’une vie meilleure,
dans les villes et dans les campagnes, dans les usines et dans les bureaux,
au bord de la mer et dans le vaste espace à l’intérieur du pays".
Le pape a prié le Seigneur d’éclairer les gouvernants "afin qu’ils continuent à s’inspirer des principes évangéliques qui ont fait du Brésil un
pays unique dans sa physionomie catholique". Et d’ajouter: "que Dieu veuille que puisse régner dans cette terre de Santa Cruz cette paix qui est le
fruit de la justice et de la solidarité humaine".
A la veille du 13e anniversaire de l’inauguration de son pontificat, Jean Paul II a repris l’exhortation lancée à l’époque aux fidèles massés Place Saint-Pierre et aux catholiques du monde entier: "N’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son autorité". Et de préciser que "la
vraie foi et l’authentique doctrine sont des conditions indispensables et
fondamentales de toute oeuvre d’évangélisation".
Au cours de sa visite, le pape a abordé des thèmes spécifiquement ecclésiaux, en rappelant ses directives à propos de la théologie de la libération, l’identité sacerdotale, le célibat, la mission fondamentale de
l’Eglise (qui déborde le domaine socio-économique), la libération de la morale du péché. A diverses reprises, Jean Paul II a évoqué des questions éthiques, répétant ses mises en garde contre l’avortement, la propagande
aveugle en faveur des moyens artificiels de contrôle des naissances, les
stérilisations forcées. Des thèmes sociaux enfin, quand il a attiré l’attention sur des migrations incontrôlées, la situation scandaleuse de millions d’enfants de la rue, les violations des droits de l’homme "dictées
par le profit et par des intérêts occultes", particulièrement des droits
des indigènes. Il a exhorté " tous les protagonismes de la vie économique
et sociale" à consentir "des réformes courageuses et profondes qui permettent d’éliminer sans tarder des inégalités injustes qui affligent le peuple". Se référant à la nouvelle situation mondiale qui s’est créée au lendemain des bouleversements à l’Est, le pape a condamné aussi bien "le capitalisme sauvage" que les "solutions perverses" du collectivisme marxiste.
Dans son discours d’adieu, le pape a résumé sa démarche: "J’ai cherché,
à apporter à tous les enseignements de l’Evangile, en prenant la doctrine
chrétienne dans toutes ses implications pour la vie de chacun et de toute
la société". (apic/cip/ba)