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    APIC - Dossier

    Le Mozambique fête ses 500 ans d’évangélisation

    Rencontre avec Mgr Jaime Gonçalves, archevêque de Beira

    Beira, 9 août (APIC) L’ancienne colonie portugaise du Mozambique marquera la fin de la célébration du 500° anniversaire de son évangélisation par des cérémonies qui se dérouleront à Maputo du 11 au 16 août prochain. Les célébrations s’étaient ouvertes en avril 1997 par une messe solennelle dans l’île de Mozambique, en présence de tous les évêques du pays.

    Les premiers contacts avec le christinisme sont dus aux aumôniers embarqués sur les navires empruntant la route des Indes. La première messe fut célébrée par des missionnaires qui accompagnaient les navires de Vasco de Gama en route pour Goa, le 11 mars 1498 dans la petite île de Saint Georges. La religion principale aujourd’hui encore est l’animisme (50% environ).

    L’agence Fides à Rome a saisi l’occasion de cet anniversaire pour faire le point sur l’histoire et l’avenir de l’Eglise du Mozambique avec Mgr Jaime Gonçalves, archevêque de Beira.

    Fides: Décrivez-nous les principales étapes de ces cinq siècles de présence catholique au Mozambique ?

    J. G.: L’histoire de l’Evangile au Mozambique peut se diviser en 6 périodes. Une première étape va de 1498 à 1560. Durant cette période, l’évangélisation est caractérisée par des initiatives sporadiques reliées à la présence des Portugais. Il y a des conversions, mais il s’agit d’un phénomène de dimensions réduites: les habitants se font chrétiens de ci de là, sans qu’il y ait un véritable plan d’évangélisation.

    Entre 1560 et 1753, on note une arrivée massive de missionnaires. Les jésuites arrivent tout d’abord (1560), puis les dominicains (1563), les Frères de Saint Jean de Dieu (1681), les augustins, les franciscains, et les capucins de Goa (1760). Durant cette 2e période, le territoire qui correspond au Mozambique actuel dépend encore du diocèse de Goa, en Inde.

    Une troisième étape, correspondant aux années 1783-1940, est caractérisée par le fait que l’oeuvre d’évangélisation de l’Eglise du Mozambique cesse graduellement de se référer à celle de Goa. On y note une arrivée consistante de religieux et de religieuses: les Sœurs de Saint Joseph de Cluny, les salésiens, les franciscains, les verbites.

    Un quatrième pas est fait entre 1940 et 1975. Avec l’accord missionnaire entre le gouvernement du Portugal et le Saint-Siège, Rome crée la hiérarchie ordinaire au Mozambique: érection de deux diocèses et d’un archidiocèse. L’évangélisation gagne en organisation et en dynamisme. On crée des missions et des écoles, des centres sanitaires et des laboratoires. Les missionnaires non portugais commencent à arriver. Le nombre des diocèses croît également: ils sont au nombre de 9 à la veille de l’indépendance.

    L’indépendance ouvre la cinquième période (1975-1992). Mais le marxisme arrive également, ainsi que la guerre entre les deux partis, le FRELIMO (au gouvernement) et la RENAMO (dans l’opposition). La guerre civile durera seize ans; c’est alors un temps difficile pour l’évangélisation. De nombreux missionnaires sont contraints à l’exil. Les missions sont nationalisées et ferment bientôt à cause des combats. Durant cette période, l’Eglise fait deux choix stratégiques: s’engager en faveur de la paix et construire des petites communautés chrétiennes. Ces deux choix permettront à l’Eglise de résister et de parvenir à la sixième étape, qui est celle qui va de 1992, année où l’on arrive à la paix, à nos jours. C’est un temps où les missions reprennent vigueur, et où l’Eglise peut consolider librement sa présence dans tout le pays au service de l’Evangile.

    Fides: Y a-t-il eu des erreurs dans l’histoire de l’évangélisation du pays ?

    J. G. :Sans doute. L’esclavage, par exemple, a été pratiqué même par quelques missionnaires. Pendant longtemps, convertir au christianisme coïncidait au fait de créer de bons citoyens portugais. En outre, il y a eu peu de sensibilité envers les chrétiens d’autres dénominations: les protestants étaient chassés par les missions catholiques. Une autre erreur, à une époque récente, fut la condamnation de l’indépendance par la hiérarchie catholique.

    Fides: Six années ont passé depuis que la paix a été retrouvée. Récemment, il y a eu des élections administratives... Quels sont les problèmes que doit affronter le pays ?

    J. G. : Aux élections, les partis d’opposition - ils sont au nombre de 16 - se sont abstenus à cause des fraudes et de la conduite du gouvernement avant la consultation. Seuls se sont présentés le parti du gouvernement et quelques candidats indépendants. Des parlementaires européens ont reconnu eux aussi l’existence de fraudes pendant les opérations électorales. Les résultats officiels ont donné tous les sièges au FRELIMO (le parti au gouvernement), mais 85% des électeurs se sont abstenus. En plus de la construction d’une démocratie effective, les autres problèmes sont les suivants: la grande pauvreté de la population et les immenses richesses concentrées dans les mains d’un petit nombre. Il y a également la santé, l’éducation, la dégradation des villes. Pendant la guerre nombre de personnes ont abandonné les campagnes, mais, en ville, ils ne trouvent ni maison ni travail.

    Fides: Quel doit être le rôle de l’Eglise dans la société mozambicaine ?

    J. G. : Pour célébrer les 500 ans de la foi chrétienne, les évêques du Mozambique ont pris la décision de renforcer l’Eglise. Sur cette route, nous avons la chance d’avoir une "boussole" exceptionnelle, le Synode africain pour conduire l’Eglise au troisième millénaire. (apic/fides/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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