Japon: pas de représentant officiel de l’Eglise catholique (140289)
Tokyo, 14février(APIC/CIP) Les évêques catholiques du Japon ont annoncé
que l’Eglise sera absente aux funérailles de l’empereur Hiro-Hito qui se
dérouleront le 24 février prochain. Les fidèles seront cependant libres d’y
assister à titre individuel. Ils expliquent notamment que si l’Eglise priera pour le repos de l’âme de l’empereur en tant qu’individu, elle ne désire
pas associer à cette prière un régime qu’elle réprouve.
Les évêques exposent leur point de vue dans trois lettres adressées
respectivement au Premier ministre Takeshita, auquel ils rappellent que la
liberté religieuse et la séparation entre l’Eglise et l’Etat "sont deux piliers de la Constitution", aux supérieurs religieux et aux fidèles.
Les évêques recommandent en outre au clergé de ne pas célébrer une messe
de requiem le dimanche qui suivra le jour des funérailles, ni de prendre
part à des cérémonies organisées au plan local par les autorités, les communautés ou des organisations.
Après avoir rappelé l’enseignement de Vatican II invitant au dialogue
interreligieux, les évêques affirment qu’il est important pour les catholiques de comprendre le shintoïsme. Néanmoins, ajoutent-ils, il importe de
bien distinguer le shintoïsme traditionnel, patrimoine de l’antique Japon,
et le "shintoïsme d’Etat, qui est strictement lié au régime de l’empereur
défunt. C’est au nom de ce shintoïsme d’Etat que des populations asiatiques, et pas seulement japonaises, ont été contraintes de répondre par une
obéissance aveugle à l’absolutisme impérial".
Enfin, la déclaration épiscopale juge "sévèrement la divination d’un
homme", fût-il empereur, et l’"absolutisation de tout ce qui touche à sa
personne". Raison pour laquelle "il ne peut être question de donner une
portée démesurée ni aux funérailles de l’empereur Hiro-Hito, ni au couronnement de son successeur".
La Suisse, pour sa part, sera représentée à ces funérailles par le Conseiller fédéral René Felber. (apic/cip/pr)