Japon : Les non-chrétiens aiment à (230791)
Difficile encore d’en mesurer les fruits
Nagoya, 23juillet(APIC) Se marier dans une église catholique devient,
chez les non-chrétiens une pratique de plus en plus répandue au Japon. Ce
fait pose question à l’Eglise et aux responsables de la pastorale. En effet, la Commission épiscopale pour l’activité missionnaire étudie avec attention les bases théologiques de cette pratique. Toutefois, en attendant,
des initiatives ont été prises pour faire connaître aux non-chrétiens japonais qui veulent se marier dans une église catholique la foi en Dieu et le
mystère du salut en Jésus-Christ, pour les amener ainsi à la rencontre avec
le Christ.
Dans la nouvelle paroisse de Nalamura-ku, à Nagoya, le Père Francis Bures, un missionaire américain de la Société du Verbe Divin (SVD) s’occupe
d’une communauté de 664 catholiques; son ministère s’est étendu à l’accueil
et à l’évangélisation des non-chrétiens qui demandent à se marier dans
l’église paroissiale, une église de style moderne avec orgue. 90 couples se
sont ainsi mariés dans cette église en 1989. Le Père Bures en a accueilli
50 depuis qu’il a la charge de la paroisse.
Se marier à l’église : la plupart du temps des raisons secondaires
Lorsqu’un couple demande à se marier à l’église, il leur demande les
raisons qui les poussent à faire ce choix. Les motifs présentés sont presque toujours secondaires: la froideur des salles traditionnelles, le manque
de place pour recevoir les amis, souvent un vieux rêve de la fiancée de se
marier dans une église. Le Père Bures explique alors aux couples la signification du mariage, l’amour véritable, la nature humaine, le mystère de
Dieu. Les couples sont en majorité matérialistes et ignorent toutes ces
choses. Le curé leur apprend aussi à prier et leur parle de la personne du
Christ, de sa résurrection.
Les couples doivent ensuite suivre un cours de préparation. Le missionnaire les confie à un Centre catholique de la ville, qui organise un cours
de sept sessions de deux heures chacune. Les couples qui ne peuvent pas
participer à ce cours sont préparés directement par le Père Bures lui-même,
aidé d’une infirmière qui les informe sur la question de la planification
des naissances selon les méthodes naturelles.
Le but principal des cours est de former à la communication et à l’écoute de l’autre, étant donné que dans une grande partie des familles japonaises, il y a peu de communication. Lorsque les enfants quittent le foyer,
les parents n’ont plus de véritable but pour vivre ensemble; ils ressemblent moins à des époux qu’à des personnes qui partagent la même vie. Le
Père Bures espère que les cours les aideront à développer la communication
entre eux, à s’aimer l’un l’autre, à devenir un, et à rencontrer Dieu en
l’autre.
"Il est peut-être trop tôt, déclare le Père Bures, pour parler de fruits
concrets, mais il existe des signes positifs: des baptêmes, des jeunes filles qui, ayant épousé un catholique, demandent à recevoir l’instruction religieuse et le baptême; des catholiques qui s’étaient éloignés de l’Eglise
sont rentrés dans le sein de la communauté. Il ne faut pas oublier toutefois, conclut-il, que la foi est un don de Dieu, et qu’il est nécessaire de
recourir à la prière". (apic/cip/fides/sjb).