Le pape Léon XIV a conclu la Rencontre internationale «Oser la paix» lors d’une cérémonie organisée au Colisée de Rome, ce 28 octobre 2025. Devant plusieurs dizaines de responsables des religions du monde, le chef de l’Église catholique a redit l’impossibilité pour un croyant de mener une «guerre sainte» et a souligné l’importance pour les religions de s’unir pour la paix à l'occasion d'une rencontre organisée par Sant'Egidio.
«Assez des guerres, avec leurs douloureux cortèges de morts, de destructions, d’exilés». À une trentaine de mètres du Colisée, c’est devant l’arc de Constantin, construit pour célébrer la victoire militaire de l’empereur romain sur Maxence en 312 après Jésus-Christ, que le pape Léon XIV a lancé son appel à la paix. Peu de temps après avoir prié au cœur du Colisée avec des patriarches et représentants d’Églises chrétiennes, le chef de l’Église catholique a retrouvé d’autres responsables des grandes religions du monde pour cet événement organisé par Sant’Egidio, une communauté italienne spécialisée dans les médiations pour la paix.
Près de 40 ans après la rencontre d’Assise convoquée par Jean Paul II en octobre 1986, le pape Léon XIV s’est retrouvé sur une vaste estrade entouré d’une soixantaine de représentants des grandes religions. Étaient présents notamment Oded Wiener, du Grand Rabbinat d’Israël, Umar Nasaruddin, imam de la grande mosquée de Jakarta, en Indonésie, le patriarche de l’Église assyrienne de l’Orient Mar Awa III, le pape de l’Église copte orthodoxe Tawadros II, et d’autres représentants d’Églises protestantes, du bouddhisme ou encore du zoroastrisme.
Léon XIV a salué cet «esprit d’Assise» qui se rejoue année après année, en hommage à la première grande rencontre interreligieuse. «Aujourd’hui, le monde semble avoir pris la direction opposée (à la paix, ndlr) mais nous repartons d’Assise, de cette conscience de notre tâche commune, de cette responsabilité de paix», a-t-il confié dans son discours commémorant aussi les soixante ans de Nostra Aetate, la déclaration du Concile Vatican II qui a redéfini le rapport de l’Église catholique aux autres religions.
«Tous les croyants sont frères. Et les religions, en tant que “sœurs”, doivent encourager les peuples à se traiter comme des frères et non comme des ennemis», a-t-il insisté. Faisant siennes les paroles du pape François, il a lancé: «Malheur à ceux qui tentent d’entraîner Dieu dans les guerres». Et de poursuivre: «Jamais la guerre n’est sainte, seule la paix est sainte, car elle est voulue par Dieu». Pour le nouveau pape, la «culture de la réconciliation» doit vaincre la «mondialisation de l’impuissance». «Il faut oser la paix!», a-t-il insisté au terme d’un discours très applaudi.
Contre les «anciens fantômes»
Peu avant, Omer Malla Ali avait livré un témoignage glaçant. Le médecin de 31 ans a quitté son pays, le Soudan, détruit par une guerre civile «oubliée» qui perdure. «Ils ont tué, arrêté, violé des femmes — même des fillettes — parfois devant leurs familles», a raconté le jeune homme, rapportant avoir été contraint de prendre la décision la «plus difficile de [sa] vie»: fuir son pays.
À l’ombre du Colisée et dans une ambiance plus chaleureuse, la survivante d’Hiroshima et militante pour la paix Koko Kondo a convié tous les participants à échanger un signe de paix. «Les religions offrent ce qu’elles ont reçu de Dieu: l’amour, la sagesse, la valeur de la vie, le pardon», venait de clamer une jeune Italienne désignée pour lire l’Appel de paix rédigé durant les deux jours de rencontre.
«Les millions d’enfants, de personnes âgées, de femmes et d’hommes qui subissent les conséquences de la guerre ne peuvent pas attendre!», lit-on dans ce texte qui dénonce «la logique de la force» qui piétine «le droit international». L’appel s’inquiète en outre des «anciens fantômes» qui ressurgissent en ces temps de «mondialisation sans âme», à l’instar des «nationalismes» ou des «haines ethniques et raciales». «Les guerres font croire que le meilleur avenir se construit contre l’autre et sans l’autre. Les religions savent qu’il n’y a jamais d’avenir sans l’autre», affirment les religieux rassemblés à Rome.
Dans le sillage de cet événement au Colisée s’est tenue dans la soirée la célébration de l’anniversaire de Nostra Aetate, en présence de nombreux dirigeants et représentants du judaïsme, de l’islam, de l’hindouisme, du jaïnisme, du sikhisme, du bouddhisme, du zoroastrisme, du confucianisme, du taoïsme, du shintoïsme et des religions traditionnelles africaines. Quelque 3’000 personnes sont attendues dans la salle Paul VI du Vatican pour cette soirée qui se conclura par une prière en silence pour la paix. (cath.ch/imedia/hl/bh)
25/11/2022
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