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Chefs d’entreprise chrétienes et
musulmans en dialolgue
(031292)
Bruxelles 3décembre(APIC) Est-il possible d’établir un vrai contact
entre des chefs d’entreprises des deux rives de la Méditerranées? oui, répond l’UNIAPAC ( union internationale chrétienne des dirigeants d’entreprise), dans un rapport publié au lendemain d’un colloque organisé à Marrakech
(29-31 octobre) sur les conditions éthiques et spirituelles d’un mellieur
développement économique et social. Une trentaine des chefs d’éntraprises
musulmans et chrétiennes d’Europe occidentale ou de pays du sud de la méditerranée ont pri part à la rencontre, dont les chevilles ouvrières étaient
Abdelaziz Almi, PDG de la Banque commerciale du Maroc, et l’UNIAPAC, que
préside Michel Albert, PDG des assurances Génerales de France (AGG).
l’idée d’organiser ce colloque est venue d’une interpellation de Michel
Camdessus, directeur général du Fond Monetair International (FMI), lancée à
Prage en 1990, à un moment où l’UNIAPAC s’attachait au sort des pays libérés du communisme. "Noubliez pas l’Islam, n’oubliez pas la méditerranée!
Attantion à la rupture qui risque d’avior lieu et à la montée des intégrismes et des populismes de deux côtes!" et d’evoquer la prespective, aujourd’hui vérifiée, de "boat people" africains tentant la traversée. C’est
sans doute la première fois qu’un dialogue a pu s’etablir à un tel niveau,
sur le terrain de l’entreprise et du développement examinés à la lumière
comparè des valeurs de l’islam et du chiristianisme. Du coté musulman, on
n’a rien caché de la montée des sentiments anti-occidentaux de de population demunies et dans maints pays, prises en mains par les intégrismes.
Trés éclairante à cet égard fut l’interventtion d’Azizali Mohammed, vicdireteur exécutif du FMI, musulman pakistanais, mélant critique et autocritique. Le caractère privé et discret de la rencontre a en effet permis une
espression trés libre des participants, selon le voeu des orgnisateurs.
la vision de l’islam presentée par A. Alami a pesé sur le dialogue. Pour
le banquier marrocain, l’islam n’a rien d’une religion fataliste et oscurantiste "comme veut faire croire une sous-culture médiatique". Se livrant à
son propre "Ijihad" ( effort de l’intelligence pour mieux comprendre la loi
divine), il tient au contraire l’attitude ouverte de l’islam vis-à-vis de
la Raison et de la science pour "une des sources essentielles de son éthique et de ses valeurs spirituelles".
L’islam aspire au bien-être de l’homme, dans le domaine aussi bien temporel que spirituel. Il fait l’éloge du travail et de l’effort, insite sur
le devoir de justice sociale et solidarité, devoir qui s’étend aussi aux
non-musulmans. l’apel a l’exercice de la raison, conclut A. Alami, est un
appel contre le nihilisme, le fatalisme, l’osbcurantisme. Quoi de mieux
pour asseoir le dévelppement sur un véritable humanisme? la tenue d’un
équilibre constant Entre l’spirituel et le temporel est le rappel adressé à
tous les hommes du danger qu’il y a à abolir l’humain dans trop de matérialisme ou trop de spiritualisme. L’exhortation à la justice et à la solidarité au-delà de la sphère nationale est aujord’hui indispensdable et même
vital entre etats, et singulièrment pour moraliser cette tragicoméadie que
sont devenus les rapports entre Etats du Nord et Etats du Sud."
Que cette expression d’un islam ouvert vienne d’une voix marocaine ne
surprend pas Ali Merad (Algérie), professeur de pensée islamique à la sorbonne (Paris III). Et de prendre lui aussi ses distances par rapport à une
lecture fondamentaliste du message de l’islam, en rappelant que, "en bonne
doctrine musulmane, et inépendamment de toute autorité et magistére, les
références nécessaires et suffiantes en la matière se ramènent à, d’une
part, comme sources constitutives, le coran et la Tradition du Prohète;
d’autre part, comme source explicative - ou comme guide de la lecture - la
tradition des Salaf, les "Devancier", les Vertueux Anciens", à savoir les
plus éminentes autorités morales du premier âge de l’islam".
A. Mohammed a évoqué lui aussi, pour le regreter, le gel de l’ordre juridique en islam, lorsque les 3e et 4e siècle de l’ère musulmane, la porte
a été fermée à l’Ijtihad. Cette stagnation de l’interprétation aconduit
dit-il, à une lecture restrictive et erronée du message coranique.
L’islam, explique Ali Merad, enonce une dizaine de principes relatifs à
l’ethique. Par exemple, oeuvrer pour la " commanderie du bien" est pour les
responsables légitimes de la communoté une obligation coranique majeure. il
s’agit de reduire les inegalités sociales, de tendre vers l’idéal d’une cité heureuse, capable d’assurer le régne de la paix et de la justice parmi
les hommes. Selon la doctrine réformiste, il s’agit de donner à l’homme les
moyens de sa dignité et de sa liberté, "rejoignant ainsi une certaine idée
de la théologie de la livération qui ne serait pas estravgante, ni marxisante, ni marxisée. Qui fasse de l’homme un être qui ne soit asservi ni politiquement ni économiquement. A ceux qui ont en charge la communauté de
faire en sorte qu’ils créent pour les hommes les conditions de bonheur."
En écho à A. Alami, Simon Webley, directeur de la British-North American Research Association (Londres), avoue que "ceux d’entre nous qui sont
chrétiens ont souvent honte de la cupidité et de matérialisme qui caratérisent plusieurs des nos communotés". Il reegrette "l’indifference manifeste
de beaucoup de gens à l’egard de la foi et des croyances sur lesquelles ces
nations ont été bâties"; de même, "le déclin, dans nos sociétés, de la morale et des normes éthiques dans la vie de tous les jours". Cela dit S.Webley a aussi voulu témoigner du fait que, "pour réussir dan l’univers économique, à savoir diriger une entreprise rentable qui offre des produits et
services en répondant aux exigeances du marché, nous n’avons pas à renier
nos croyences fondamentales en tant que chrétien ni à nous comporter en
faisant abstraction de toute éthique.
Aux yeux de A. Mohammed, musulmans et chrétiens, doivent vouloir penser
leur valeurs religieuses comme des directives, des repères pour l’action
humaine, en suivant pourtant des voies relativement différents, en fontion
de certains prencipes de base de leurs fois respectives et de diverses
pressions dues à l’époque et aux circonstances.
Pour ce qui regarde l’islam, deux caractéristiques particuliéres sont,
selon le vice-directeur du FMI, "l’integration complète de la foi avec la
réalisation de bonnes actions, d’une part et l’absence de distinction entre les bases spirituelles et matertielles de l’action humaine". Il
s’esuit, par exemple, que le salut ne peut être atteint par la seule foi,
ni par la seule bonne action au service de l’umma (Communaté des croyants),
Mais par les deux ensemble, qui sont inextricablement liées l’une à l’autre. Il s’ensuit q’il n’y a pas d’exigences de Dieu et de César, car César
appartient égalment à Diuex. L’éthique sociale qui en découle devient par
conséquent un aspect de la foi, et non une simple stipulation séculière".
Les chefs d’entreprise musulmans prêtent une oreille attentive quand ils
entendent leurs interlocuteurs chretiens dire qu’eux non plus ne se satisfont pas de la situation actuelle, qu’ils oeuvrent pour humaniser les entreprises, promeuvent une économie social de marché, récusent une société
purement matérialiste oû seules comptent l’argent et la réusite individuelle. le deéfi à resolver est le même: celui de la cohérence de la foi et de
l’action.
A cet égard, les témoignages présentés à Marrekech éclairent de situations diverses, qui sont souvent des situations de tension. Ainsi, le témoignage écrit d’un vieux musulman qui a vécu defficilment le passage d’une
activité agricole à une activité bancaire, avec la craint d’entrer en conflit avec des interdits du Coran (l’interdiction du prét à intérét). Un
jeune banquier, égalemet musulman, ne partage pas cette crainte: La priorité est de génerer le progrés, de crées des implois et des biens destinés au
partage. Car il ne peut y avoir de solidarité et de partage des richesses
que dans un monde qui se devellope", a-t-il observé. Cette manière de voir
les choses est d’ailleurs davantage dans l’esprit de la tradition coranique, a-t-il été dit, que de s’en tenir à faire l’aumône. Du côté chrétien,
en écho, on a fait remarquer que l’activité économique et l’entreprise,
concues comme source de richesse à partager, ne sont devenues que tout récemment un point fort de la doctrine social de l’Eglise, au travers de
l’encyclique "Centesimus annus" de Jean Paul II.
En revanche, le manque d’ttantion portée aux excigences de practiques
cultuelles que peuvent avoir les personnels d’entreprise expatriés dans un
pays oû la religion dominante n’est pas la leur, pose un vrai problème de
concience. Tel chef d’entreprise employant en france 800 Maghrébins sur un
ffectif de 950 salariés confesse que le conditions faites à ces familles
musulmanes sont déficientes à cet égard. De même, des cadres, chrétiens envoyés par ce même chef d’entreprise en Arabie Saoudite voient interdire
toute possiiblité de practique religieuse.
Foi et action ne s’opposent pas, chretien et musulman sont d’accord sur
ce point. Le dévat sur le "comment : comment temoigner des valeurs auxquelles on se référe; comment les faire partager; comment les mettre en practique dans la vie concrète? Plusieurs présidents de sociétés européens ont
mis l’accent sur l’importance de ce "comment" et de ses difficultés. Ainsi,
par exemple, du rapport avec l’argent.
Un outre témoin considère la "valeur du compromis", tant pour la vie
personnelle que pour la vie collective. Le compromis exige le débat préalable avec les partenaires concernés, la réflexion avant l’action. Il n’a
rien à voir avec la compromission. C’est une étape sur un parcours. Le dilemme est souvent choisir un bien possible aléatoire ou un moindre mal. Le
champ de reflexion en ce domaine s’étand au-delà de l’entreprise: dette du
tiers monde, biotechnologies, environnement... En Suisse, des patrons chrétiens ont approfondi cette réflexion.
Le respect des personnes tout autant que le respect des réalités de
l’nemtreprise. voilà "l’esprit de la vérite" qui anime un chef d’entreprise
soucieux de "mangement participatif". Il n’es pas question de transformer
l’entreprise en une institution chrétienne, il s’agit d’agir en chrétien et
no en tant que chrétien dans la societé, pour prendre la distintion de Jacques Maritain. "on n’abandonne pas sa foi à la porte de son bureau", dit
l’un. Faut-il la proclamer? De grands patrons osent dire même à la télevision, sans que cela nuise à leur affaire: " Je suis patron et chrétien".
Quand on croit à quelque chose et q’on le dit, on est accepté".
L’éthique dans la vie personnelle ou sociale, cela s’approfondit, cela
s’ensigne. L’institut Supérieur de l’Entreprise, fondé en 1958 au sein de
l’Université de Navarre, en Espagne, dispense un tel ensignement à des milliers de cadres. L’accent est mis sur la digité de l’être humain, sur sa
capacité d’aimer son prochain, sur la responsabilité sociale des managers.
En Italie vient de se créer, en lien avec des universités americaines, une
école d’éthique. En Allemagne également. En Grand-Bretagne, le CABE (Chirstian Association Business Executives) est l’oeuvre...
Cependant, au niveau de l’éthique, les tensions sont fortes. Justice et
efficacité ne vont pas toujours ensemble. Le Nord vit dans l’abondance, le
Sud dans la pauvreté. Les phénomènes d’exclusion vont grandissant. la situation est intolérable. Il y a urgence et impatience. La responsabilité
des Etats est engagée, comme celle des chefs d’entreprise. C’est le dialogue et la coopération Nors-Sud qu’il faut prendre. Musulmans et chrétiens
présents à Marrekech sont convaincus. Commet réagissent-ils?
Du côté européen, on est conscient que les conflits, qu’ils soient gérés
ou non, seront au rendez-vous. Même s’ils appartiennent à des regions différentes, hommes politiques, chefs d’entreprise, syndicalistes peuvent et
doivent travailler ensemble. Musulmans et chrétiens sont dans le même bateau. Le problèmes des rapports Nord-sud, oubliés par le Nord, ne pourront
pas ne pas être traités: pour l’ efficacité même du fontionnement du systme
capitaliste, pour l’extintion des foyers de paupérisation, pour la protection de l’environnement. Le Nord s’organise dans de grands ensembles régionaux" pourquoi le sud s’organiserait-il pas lui pour établir une mellieure coopération avec une Europe qui risque de se replier sur elle-même
ou de se trouver vers l’Est? Le Nord doit aider aussi le Soud à élegir ses
epaces de liberté et de démocratie.
Dans la societé du Sud, le désir est grand d’initiative, de responsabilité, de liberté, mais dans un contexte trés décalé par raporrt au Nord.
L’individu ne paeut pas y assumer de la même maniere un espace d’aventure
personnelle; les rapports interpersonnels y sont plus fragiles. Une réislamisation se produit, mais il ne fait pas accuser les angles. Il exist une
majotrité silencieuse qui poursuit son chemin dans un Islam tranquille. Les
pays du Sud méditerranéen pourraient faire plus et mieux eux-mêmes mais la
critique du colonialisme fait partie de la culture arabe. Les voies chosies
par certains pays ont été des erreurs (l’industrialisation algérienne).
Pourquoi les pays arabes des rivages méditerranéens qui ont une langue, une
histoire, une mission, une aspiration communes ne feraient-ils pas de volontarisme pour marcher ver l’unité, à l’instar de l’Europe? Il faut inventer de nouvelles relations entre l’europe et le Maghreb.
De part et d’autre on insiste sur la nécessité d’entreprendre pas à pas.
L’ecoute des autres est essentielle. Les attentes, ce n’est pas seulement
de l’argent. Des craintes existent que les efforts réalisés dans certains
pays soient anéantis par la corruption ou par l’ineptie des dirigeants. Le
rôle de femmes et l’importance de l’education et de la formation son soulignes.
Abdelaziz Alami refuse la désespérance face à un Sud qui serait inapte à
se développer et d’un Nord qui serait inapte à aider. Il va falloir reconstruir. "en s’appuyant sur des volontés rèsiproques et sur des valeurs partagés. "Reconstruir sur cet humus profond qu’est notre èthique et que
son propre "Ij